Rhadamanthe
Rhadamanthe est soit le fils de Zeus et d'Europe et donc le frère de Minos et de Sarpédon, soit le fils de Phaestos, lui-même fils de Talos (l'Homme de Bronze crétois).
D'après une tradition, Rhadamanthe régna sur la Crète avant Minos et dota l'île du remarquable code crétois qui servit de modèle aux Spartiates. Cependant, lorsque les trois frères se querellèrent au sujet d'un bel adolescent, Milétos, Minos en profita pour chasser Rhadamanthe et Sarpédon ; le premier alla alors régner sur les îles situées au sud de la mer Egée, dont les habitants l'avaient auparavant choisi roi, remplis d'admiration pour sa justice. Après sa mort, il fut nommé juge ou souverain des Enfers. Il passe pour le souverain des Champs Elysées, région des Enfers où séjournent les âmes des bienheureux.
Pour Homère, Rhadamanthe servait d'arbitre dans les querelles entre les ombres, plus qu'il ne jugeait les actions que les nouveaux arrivants avaient accomplies pendant leur vie. Virgile, quant à lui, le représente comme le punisseur des damnés dans le Tartare.
Après la mort d'Amphitryon, Rhadamanthe épousa Alcmène, la femme de ce dernier, soit en Béotie, alors qu'ils étaient encore parmi les vivants, soit dans les Champs Elysées. Les fils de Rhadamanthe, Gortys et Erythros, fondèrent des villes, en Crète, auxquelles ils donnèrent leur nom.
La wyvern
La wyvern (il semblerait en effet que le mot soit féminin) est une créature du folklore anglais. Son nom provient du mot wivre en ancien français, qui dérive lui-même du latin vipera (« vipère »). Il s'agit d'un genre de dragon à deux pattes, aux ailes de chauve-souris et dont la queue barbelée est celle d'un serpent. La wyvern, fréquemment représentée sur les blasons médiévaux, était également symbole de grands malheurs (guerres, famine, épidémies...) et était notamment considérée comme responsable de la peste et de sa diffusion.
Dans ses écrits, Marco Polo dit avoir croisé une wyvern en parcourant l'Asie centrale. Selon lui, elles étaient rapides et assez puissantes pour semer un homme sur un cheval au galop.
Bien qu'il existe peu de légendes concernant les wyverns, on peut citer celle de Maud et de la wyvern.
Maud était une petite fille du Herefordshire (un ancien comté anglais situé dans les Midlands de l'ouest) qui découvrit par hasard un bébé wyvern dans les bois. Enchantée de trouver un compagnon de jeu, elle prit la wyvern avec elle pour la ramener à la maison. Mais ses parents reconnurent l'animal et lui ordonnèrent de le ramener à l'endroit où elle l'avait trouvé. La petite fille préféra l'élever seule dans un recoin de la forêt où elle la nourrit de lait. Le bébé grandit et il fut un jour où le lait ne suffit plus. Le dragon s'attaqua alors aux réserves des hommes du village de Mordiford, puis aux hommes eux-mêmes. Maud était la seule à laquelle la wyvern ne s'en prenait pas.
Un chevalier du nom de Garston, membre d'une des plus illustres familles du village, décida d'aller défier la wyvern. Celle-ci le guettait, dissimulée dans la végétation par la couleur verte de ses écailles. Elle tenta de prendre le chevalier par surprise mais sans succès, celui-ci opposant son bouclier aux flammes émergeant de la bouche de la wyvern avant de transpercer celle-ci de sa lance. La jeune Maud, bouleversée, le harassa en lui jetant des pierres avant qu'il puisse transpercer la tête du dragon de son épée. La jeune fille, en larmes, resta un moment auprès de son ancien compagnon. Son innocence d'enfant était perdue à jamais.
La vouivre
Certains confondent parfois la wyvern avec la vouivre, mais ces deux créatures sont a priori différentes. En effet, leurs origines diffèrent : la vouivre est issue du folklore français, plus précisément franc-comtois, alors que la wyvern est anglaise (et mentionnée dès le XVIIe siècle).
Mentionnée pour la première fois par Désirée Monnier en 1818 dans son Essai sur l’origine de la Séquanie, la vouivre est présentée sous sa forme la plus pure : serpent ailé, elle traverse la nuit comme un trait de feu et porte au front une escarboucle qu’elle dépose sur la rive quand elle va boire ou se baigner ; celui qui pourrait s’emparer du joyau serait à jamais riche et heureux... ou bien subirait la terrible vengeance de la vouivre s'il est aperçu.
La vouivre vit la plupart du temps dans des grottes, ou encore au milieu d'étangs ou de marais. Elle se déplace chaque soir (ou plus rarement suivant certaines traditions locales comme à Avoudrey) de son repaire jusqu'à son lieu de baignade de prédilection.
Dans certaines traditions tardives, la vouivre est parfois semi-humaine ou encore plus apparentée à la guivre (portant une couronne sur la tête, réputée dévorer les enfants (sic)).