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Cet article vous est proposé par : Dyvimm Le Jugement dernier
7 ans plus tard… Province de Guang Xi, Chine
Le soleil va bientôt se coucher sur les rizières. J’aime cet instant privilégié où ses rayons dansent sur les hautes herbes et se reflètent sur la surface de l’eau. Un deuxième astre apparaît, moins puisant mais tout aussi beau, la gardienne de la Terre. « Urani ! Urani !... » Le jeune homme tourna la tête vers le garçon qui courait dans sa direction. Depuis combien de temps était-il assis ici à regarder dans le lointain ? Il n’avait pas vu l’heure passer. « Je suis là !… Urani ébouriffa les cheveux Nan Li. S’y ferait-il jamais ? Depuis 7 ans il l’avait vu grandir. Nan Li le considérait comme son grand frère bien qu’ils ne soient que cousins, très éloignés. Le garçon avait tout de la jeunesse européenne, animée, enjouée, parfois même un peu turbulente… avec la sensibilité asiatique, proche de la nature, s’émerveillant devant ses beautés. Son visage était déjà une perfection en soi. Mélangeant les longs traits européens et la douceur chinoise, le teint clair, les yeux d’un bleu profond, les cheveux d’un brun intense… La mère grecque et le père chinois de Nan Li lui avaient légué toutes les qualités de leur peuple respectif… « Tu vois ces étoiles plus brillantes, c’est la constellation de Cassiopée… et les quatre étoiles en forme de croix, il s’agit du Cygne… Urani adorait ces moments d’intimité passés avec le jeune garçon. Si jeune et pourtant déjà si charismatique ! Jamais auparavant il n’avait été si proche de celui qu’il avait le devoir de protéger. Lui et sa sœur jumelle, la petite Li Hua, au même visage enjoué... Nan Li deviendrait bientôt le protecteur de toutes ces étoiles dorées. Il veillerait sur elles en l’absence de la Lune et la Terre sera heureuse de revêtir sa parure scintillante… « Ah vous voilà tous les deux ! Et moi qui vous cherche depuis une heure ! » La petite Li Hua accourut vers Urani et s’installa sur ses genoux en commençant à fermer les yeux. « Tu as vu Urani, la voilà qui s’endort déjà ! Le jeune homme regardait son petit compagnon, étonné par cette question, cherchant la réponse… « Vois-tu, les étoiles brillent d’autant plus que l’on croit en elles. Quand les choses ne vont mal, alors il faut se tourner vers son étoile et elle t’apportera l’aide dont tu as besoin.
Choquequirau, Cordillères des Andes « Halte-là ! Qui êtes-vous ? Un jeune homme au teint mât venait d’intervenir depuis l’entrée du Temple du Soleil de Choquequirau. Ses cheveux d’or renforçaient son port altier malgré sa tenue extrêmement simple de lin. « Elle se fait appeler Lysippée et désire parler à sa Majesté, mais elle n’a aucun laissez-passer… Le jeune homme fit une longue révérence que la jeune femme toisa avec dédain. Cette nouvelle fit grande impression sur la jeune femme qui d’un coup parut moins sûr d’elle. Le jeune homme lui avait dit cela simplement et se dirigeait déjà vers sa demeure. La jeune femme le suivit en jetant malgré tout un dernier regard hautain sur le malheureux Alkavize qui n’avait toujours pas redressé la tête. « Alkavize, veuillez informer vos supérieurs que l’Eloim de Nemamiah de Thémiscyra est arrivé et qu’on lui doit toutes les marques de respect dues à son grade. »
Quelle étrange cité, pensait Lysippée. Me voilà en présence d’un Empereur, moi qui n’aie pu voir mon propre Empereur qu’en de rares occasions ! Et il s’adresse aux gardes avec les mêmes marques de respect qu’à quiconque. Je savais que les différences pouvaient être importantes, mais je n’aurais jamais cru à ce point ! Mieux vaut se plier aux coutumes locales… D’autant plus que notre Majesté a choisi ce lieu pour résidence... Et bien, si je peux m’enrichir au côté d’un être suprême tel qu’Ayar Manco, autant profiter de l’occasion. Je suis sûr qu’il a beaucoup à m’apprendre.
Après avoir descendu les innombrables marches du temple inca, le couple traversa une immense place au milieu de laquelle des dizaines de personnes tiraient l’eau d’un puits gigantesque et finement ouvragé. Partout les symboles du soleil resplendissaient d’or. En quelques années la ville avait totalement repris vie. Ses monuments, ses temples, ses habitations avaient retrouvé leur éclat d’antan et peut-être même d’avantage. « Cette ville est immense et ses constructions somptueuses ! Ayar la regarda avec le visage interrogateur. « Et bien comment voulez-vous que je me déplace si ce n’est en marchant au milieu des autres ?? Je ne vois pas en quoi cela est dérangeant ! J’aime voir cette cité vivre comme aujourd’hui. C’est un rêve qui est devenu réalité. Vous savez, tous les habitants sont dévoués à notre Majesté et tous vivent heureux et tranquilles. Que demander de plus ? Ayar ne releva pas l’injonction et monta les marches du palais. On apercevait de chaque côté des statues de pierre représentant des condors, à divers stades d’envol. Les deux dernières statues semblaient même en lévitation. Des condors s’envolant, magnifiques, vers le ciel. En y regardant de plus près on remarquait que les statues étaient bien rattachées à leur socle mais si étrangement qu’elles semblaient vouloir s’en dissocier comme si au lieu de les soutenir, ces socles les retenaient ! Une immense ouverture trapézoïdale aux parois sculptées de bas-reliefs donnait sur l’intérieur. « Vous avez dit qu’il s’agissait du palais de votre femme ? Vous êtes donc marié ? Décidément, je crois que je ne me ferais jamais à ce pays. Un Empereur marié, qui plus est à un Séphire, habitant sous le même toit, comme n’importe quelle famille ! Mais où suis-je donc ? Nous sommes si différents! Et dire que nous combattons pour le même Dieu ! « Votre Empereur ?... Lysippée avait décidé de ne plus être impressionnée par cet homme si différent. Ce n’était après tout qu’un soldat de sa Majesté. Si elle avait su plus tôt qui il était, peut-être n’aurait-elle même pas osé l’approcher. « Non, nous n’avons pas d’enfant. Malheureusement comme vous l’avez fait remarquer, nous allons peut-être bientôt subir une guerre et ma femme et moi allons devoir combattre, même si ce lieu n’en a rien à craindre. Et vous ? » Piégée ! Lysippée n’avait aucune intention de parler d’elle-même. Sa curiosité lui avait encore joué un mauvais tour… Mais sa curiosité était-elle tant à plaindre ? « Non !! Je suis une combattante de sa Majesté et non une pondeuse ! Je laisse le soin d’avoir des enfants aux hommes ! » Ayar explosa d’un véritable rire ! Cette effusion de joie vexa Lysippée. Comment osait-il se moquer d’elle ! Il lui avait posé la question tout en sachant la réponse et maintenant il se permettait de la tourner en ridicule par son rire grossier ! Plus le temps passait, plus Lysippée trouvait cet « Empereur » antipathique ! Et puis il lui avait même peut-être menti !… « Je ne vous permets pas de rire de moi ! Je suis moi-même surprise et étonnée que sa Majesté accepte que des membres de ses combattants forment un foyer ensemble ! Ce n’est pas là la tâche qu’il nous a donnée ! Lysippée était impressionnée de ce franc-parler. Comment cet homme qu’elle ne connaissait pas vingt minutes plus tôt pouvait ainsi se permettre d’émettre des jugements de cet ordre sur ceux qu’elle-même avait du mal à imaginer. Sans doute leur présence au quotidien avait énormément dû les rapprocher. Tout de même, devant une étrangère… Enfin elle accomplirait sa mission et rien de plus, puis repartirait pour Thémiscyra sans attendre. « Mais au fait, vous vouliez boire quelque chose… Que puis-je vous offrir ? Je vais aller faire demander ma femme. Vous aurez certainement plein de choses à vous raconter entre femmes… Du reste je dois aller voir une nouvelle hôte qui semble également vouloir rencontrer notre Majesté… Avec de moins honorables attentions que vous cependant… La servante revint avec un verre d’eau que Lysippée vida en se levant. Ayar l’attendait, debout, un large sourire aux lèvres. Finalement cette femme semblait pleine de surprise et d’énergie. Ne lui rappelait-elle pas un peu sa Majesté ? Ils quittèrent tous deux cette pièce. Lysippée suivit Ayar à travers couloirs et différentes salles dont l’accès était gardé. Ils s’enfonçaient dans la montagne sous Choquequirau. L’air était de plus en plus frais et humide. Seule, Lysippée aurait bien été incapable de retrouver son chemin dans cet enchevêtrement d’allées, de gardes, de salles, qui tous se ressemblaient. De faibles torches éclairaient les basses voûtes qui toutes étaient parsemées de gravures des temps anciens. À moins qu’elles ne soient aussi nouvelles que la cité. Difficile ici de dire ce qui appartenait aux temps mythologiques ou à l’époque moderne. Ayar et Lysippée longèrent le couloir jusqu’à une pièce plus spacieuse puant le vomi et la sueur. Six molosses étaient affairés autour d’une malheureuse victime. « Et oui, même en temps de paix, il y a ici des prisonniers… La plupart sont des personnes qui ont manqué de respect vis-à-vis de notre Majesté ou qui ont commis des crimes à l’encontre d’autres habitants de Choquequirau. Ils sont enfermés ici pour quelques années puis retrouvent l’air libre lorsqu’ils ont purgé leur peine. Certains ne revoient jamais le soleil… Ainsi en a décidé la justice divine. » Les geôliers quittèrent leur victime qui se trouvait être un jeune garçon, le visage sanguinolent. Il était attaché le long d’un pieu fiché dans le sol. Sa tête pendait sur le côté, inerte. Seule sa poitrine se soulevait de temps à autre indiquant qu’il était toujours en vie. « Pourquoi punissez-vous celui-là ? Deux gardiens le détachèrent et l’emportèrent, visiblement vexés de l’ordre qu’ils venaient de recevoir. « Où se trouve l’espion que l’on vous a amené tantôt ? Le molosse ouvrit une nouvelle porte de fer et s’engagea dans un long corridor, torche à la main. Lysippée remarqua de nombreuses portes scellées, autant de cellules desquelles elle pouvait ressentir une profonde désolation. Quasiment toutes étaient pleines ce qui la surprenait. Y avait-il autant de prisonniers dans ces cachots ? Quels secrets gardait donc la cité de Choquequirau dans les entrailles de sa construction ? « Nous l’avons enfermée dans la cellule du fond, la mieux protégée. On est obligé d’aller la voir quasiment toutes les heures pour la corriger un peu afin qu’elle reste calme. Du reste, elle ne bouge plus beaucoup désormais… » Le molosse ouvrit une nouvelle porte blindée dont les gonds grincèrent. L’intérieur de la pièce était totalement obscur. Il pénétra dans la cellule et l’éclaira. Une jeune femme aux cheveux de jade, mêlés et englués de sang séché pendait lamentablement. Ses deux bras étaient retenus au mur par des chaînes passées dans des anneaux de pierre. Le visage penché vers le sol, elle semblait plus morte que vive. Lysippée remarqua un masque à terre, brisé en plusieurs morceaux. C’était donc là le secret de la force de cette femme, qui n’en était pas une… « Laissez-nous. Lysippée récupéra la torche du garde. Ayar s’approcha de la jeune femme et prit son visage entre ses mains, délicatement. Il lui releva la tête ensanglantée. Lysippée fut surpris par le visage si pur et tendre de cette fille au bord de la mort, dans un état d’abandon complet. Elle avait les yeux clos, incapable visiblement de les ouvrir et paraissait inconsciente. « Vous allez mieux maintenant. Quel est votre nom ? » La jeune femme murmura quelque chose qui ne paraissait être guère plus qu’un souffle. Mais Ayar semblait avoir compris. « Shina, que venez-vous faire ici ? Qui vous a envoyé ? » La jeune femme détourna son regard sans répondre. « Il s’agit sans doute de la même personne que pour celui que nous avons capturé à Thémiscyra… » Ayar se tourna vers Lysippée. « Parce que vous avez également eu affaire avec un espion ? La prisonnière du nom de Shina scruta l’Empereur, les yeux grands ouverts. Elle ne pouvait pas croire non plus avoir dit la moindre chose dans son inconscience. « Qui… qui êtes-vous ?... » Ayar la dévisagea le visage souriant. « Je m’appelle Ayar Manco. Et je suis Empereur de sa Majesté Mars. » Limite de la province du Xin Jiang et Xi Zang, Monts Kouen Louen en Chine Au milieu des monts Kouen Louen séparant le nord-est de la Chine du Tibet se trouve une petite enclave inaccessible aux êtres humains. On y entend pourtant des cris s’élever, des échos de luttes incessantes. De l’autre versant, ces bruits ressemblent au son strident du faucon et les paysans disent de cet endroit qu’il correspond au foyer du prédateur et qu’on y trouve des milliers de nids. Majestueux et craints, personne ne s’y aventure autre que les hommes en détresse, chassés de leur famille trop pauvre, bannis de leur village… Mais c’est également dans le gouffre qui longe la montagne que l’on jette les rejetons indésirables. On dit que parfois un faucon attrape le nourrisson dans sa chute et le donne en pâture à ses petits. Bien sûr cette pratique n’a officiellement plus lieu… pourtant parfois… « Nusakan, relève-toi et affronte Mintaka ! Tu dois pouvoir le battre cette fois ! Je t’ai montré comment faire pour éviter ses coups ! Faits honneur à ton sang sinon je serais obligé de te renvoyer ! » Le jeune homme était décidé. Le regard assuré, du sang perlait de son arcade sourcilière et ses jambes tremblaient sous l’effort. Pourtant il le devait, pour tout ce qu’on avait fait pour lui. Il devait maintenant s’en montrer digne. Un samouraï impassible lui faisait face, les yeux fermés. Mintaka. Cet homme était indestructible. Plus rapide que la lame du Katana, ses mouvements étaient invisibles à l’œil nu. Et pourtant Mintaka les accomplissait les yeux fermés, impassible, d’une puissance phénoménale. Nusakan devait faire abstraction de tout ce qui l’entourait. Les bruits d’entraînement qui lui parvenaient devaient disparaître. Se concentrer sur Mintaka et aussi dur que cela puisse lui paraître rassembler ses dernières forces pour bloquer l’attaque sans faille de son opposant. « Sanosuke : Et bien tu vois que ce n’était pas si difficile ! » Quoi ?! Nusakan se releva péniblement et regarda ses bras. Les longues entailles d’où coulait abondamment son sang étaient les seuls vestiges de la parade qu’il venait d’effectuer. Il ne ressentait nulle douleur et il avait réussi ! Les coups que lui avaient portés Mintaka avaient été arrêtés ! Cela voulait dire qu’il s’était déplacé aussi rapidement que lui ! « Effectivement, cette parade était très réussie ! Mais si ton adversaire avait utilisé toute sa force, tu aurais été balayé comme un fétu de paille… » Les bruits d’entraînement cessèrent et tous les visages se tournèrent vers la personne qui venait de parler. Le garçon qui venait de parler était appuyé contre un pilier, les bras croisés, le regard porté sur celui qui se faisait appeler Sanosuke. Ce dernier avait le visage étrangement calme, serein et même bon. Son regard d’un vert profond vous sondait l’âme et s’accordait avec ses cheveux d’un noir profond rejetés en arrière par une couette. Il était le seul qui ne portait pas le kimono traditionnel mais plutôt un habit d’apparat noir, rouge et or. « Qui es-tu étranger ? Comment es-tu parvenu jusqu’ici sans te faire remarquer ? Nusakan s’était avancé vers Melpomène, couvert de sang, chancelant même… mais résigné. Melpomène sourit. « Je crois que tu devrais aller te faire soigner. Tu es en train de perdre tout ton sang… La voix avait retenti depuis les marches du temple à quelques dizaines de mètres de là. Un très vieux samouraï y était soutenu par une fine canne ciselée. Il portait le même genre de tenue que Sanosuke, mais là où chez ce précédent se trouvait du noir cette tunique possédait la blancheur de la neige immaculée. « Maître, cet homme s’est introduit dans l’enceinte sacrée. Laissez-moi le reconduire au-delà. Le Maître Suprême s’avança vers l’arène, s’appuyant sur la canne dont il ne semblait d’ailleurs pas avoir véritablement besoin. L’intrus le regardait tristement droit dans les yeux ce qui avait le don d’énerver Nusakan. Il ne marquait aucun respect pour leur Maître à tous. Malgré les multiples blessures qui lui parcouraient le corps et ses jambes qui allaient d’un moment à l’autre refuser de le porter, il n’avait qu’une envie : apprendre les bonnes manières à cet arrogant étranger. « Bonjour étranger. Je m’appelle Diomède et je suis le gardien de ce domaine. Voici mon fils, Sanosuke, et ses élèves. Que nous vaut l’honneur de cette visite ? Melpomène quitta son pilier et se dirigea avec Diomède et Sanosuke à l’intérieur du temple. Sur l’arène les combattants reprirent leurs entraînements. Mintaka s’approcha de Nusakan qui regardait les trois personnages disparaître avec un regard sceptique. Dès qu’ils disparurent, le jeune homme sentit que ces jambes flanchaient et s’effondra. Mintaka tendit le bras et le rattrapa. « Elle n’était pas mal ta parade tout à l’heure ! Cela faisait longtemps que l’un de mes coups n’avait plus été arrêté ! »
Choquequirau, temple du soleil de Curicancha Dans une salle où se multipliaient colonnes et piliers de l’art inca, sculptés et gravés de scènes antiques, de nombreuses plantes exotiques aux larges feuilles s’épanouissaient, procurant un avant-goût de l’Amazonie toute proche. Un bassin de baignade était rempli d’une eau tiède et transparente au centre de la pièce. Au milieu de ce bassin s’extirpait une imposante coupole incurvée en son centre représentant le soleil, totalement recouverte d’or pur. Elle illuminait la pièce du reflet solaire pénétrant depuis le plafond à ciel ouvert. Des rayons de lumière étaient projetés dans les moindres recoins de ce solarium antique. Une atmosphère exotique régnait dans la salle, mélange d’or et d’émeraude où bruissaient les feuilles agitées par un courant d’air frais permanant. Ce murmure végétal se mêlait au clapotis de l’eau retombant en cascade depuis la gueule de quatre serpents à chaque angle du bassin. Cette pièce donnait sur l’extérieur également nimbé de soleil. « Diego, vous allez avoir de la visite sous peu. Soyez prêt à la recevoir. Il s’agit de l’émissaire d’un de vos plus puissants Empereurs. Le jeune homme se leva du banc sur lequel il était assis et s’avança vers le lac scintillant sous les reflets du soleil. « Oui, lui est unique. C’est le seul homme que je connaisse qui soit vraiment extraordinaire, d’une éternelle jeunesse, d’une sagesse incomparable, et d’une force sans égale… Le jeune homme s’avança d’avantage vers le lac et y mit un premier pied. Des marches descendaient dans l’eau. Une légère vapeur monta de l’eau troublée. Diégo regardait droit devant lui, au loin, fixant ce soleil qui lui faisait face. « Maître, vous êtes sa réincarnation. Vous êtes Lui, autant qu’Il est Vous. Vous ne pouvez rien à cela. Vous n’êtes pas différents l’un de l’autre, et c’est le rôle qui m’a été confié depuis des millénaires que de vous retrouver et de guider vos premiers pas. Le monde change et le moment est venu de vous révéler à lui pour le salut de la planète… » Diego continua à s’enfoncer dans le lac. Au fur et à mesure qu’il y entrait, l’eau se vaporisait au contact de sa peau. « Il va maintenant falloir que vous receviez cette envoyée. Elle a fait beaucoup de chemin pour vous rencontrer, elle aussi. Et ce n’est pas la seule ! Nos gardes ont pris ce matin une femme qui essayait de pénétrer dans ce temple sans permission. Ayar l’a interrogée. Elle s’est révélée être une envoyée du Sanctuaire ! » Le garçon arrêta son mouvement et tourna vivement la tête vers le vieil homme en sortant de l’eau. « Quoi !! Et on ne m’en a rien dit jusqu’à maintenant ! » Son visage était menaçant et trahissait un combat intérieur. « Pourquoi le Sanctuaire a-t-il envoyé une espionne ici ?
Stupide vieillard ! Où est donc Ayar ? Je préfèrerai l’avoir pour conseiller plutôt que Numa, il est quand même plus sympathique ! Enfin Numa connait sans doute plus de choses et c’est lui qui est venu me chercher à San Pietro, le village dans lequel je moisissais, orphelin, chez les sœurs. Je me demande ce qu’elles sont devenues les nonnes… Si elles savaient que leur pauvre pensionnaire se retrouvait maintenant dans la peau d’un Dieu adoré par des milliers de personnes ! Elles n’en reviendraient sûrement pas, elles qui adoraient leur Dieu unique ! Avaient-elles plus raison que moi maintenant ? En tout cas je ne veux pas être le Dieu terrible et cruel dont Numa m’a parlé ! Je ne suis pas comme ça, même s’il peut m’arriver parfois de m’emporter… Je veux être un symbole de paix et de justice pour tout le monde… mais attention, pas non plus ce Dieu pour fillettes qu’elles chérissaient ! Ce monde est dur et y vivre est une épreuve de tous les jours. Les hommes doivent être forts pour l’affronter et y montrer leur courage et leur bravoure. C’est ainsi que je veux être considéré et qu’importe ce que Numa ou les autres peuvent dire ! Ils m’ont choisi, moi, comme Dieu, maintenant qu’ils assument ! La forteresse de Saxahuaman
Lysippée n’en revenait pas. L’entretien entre l’Empereur et la dénommée Shina avait tout au plus duré quelques minutes. Cette dernière ne lui avait dévoilé que son nom, Shina et pourtant l’Empereur avait obtenu d’elle toutes les informations. Etait-ce du bluff de sa part, où savait-il vraiment tout ce qu’il désirait ? La Combattante remontait les rues de Choquequirau vers une imposante construction surplombée d’une tour rectangulaire, enracinée dans la montagne. Elle aurait bientôt son entrevue avec leur chef à tous, mais avant, elle devait accomplir une dernière tâche. Y était-elle obligée ? Certes non, aucune indication ne lui avait été donnée en ce sens, et pourtant elle devait s’assurer de la réputation qui entourait les combattants de cette enclave. Deux colosses gigantesques armés de boucliers et de lances croisées barraient l’accès de la citadelle. Ils toisaient Lysippée depuis son arrivée mais elle n’avait que faire de sous-fifres dans leur genre. Plus vite que l’éclair, elle bondit au milieu d’eux leur portant un coup d’estoc à la nuque qui les laissa inconscients devant l’entrée qu’ils étaient sensés protéger. Ils n’avaient même pas eu le temps de réagir. Le temps de la réflexion n’était pas écoulé que les murs se mirent à trembler ! Des passages s’ouvraient de chaque côté de la pièce et déversaient des dizaines d’assaillants. Ils n’étaient bien évidemment pas de taille à s’opposer à elle, encore que tous possédaient une mince aura. Aussi rapidement qu’elle était parvenue jusqu’ici, Lysippée se jeta sur ses adversaires, heureuse d’avoir enfin un peu d’exercice. D’ailleurs ces derniers semblaient plus farouches que prévu. La guerrière prenait bien soin de n’en blesser aucun et de seulement leur porter des coups suffisants pour les mettre hors d’état de nuire. Ils devaient bien se rendre compte qu’ils n’étaient pas de taille et pourtant, ils revenaient à l’attaque sans sourciller. Quand Lysippée croyait en avoir fini avec eux, ils se relevaient et des nouveaux arrivaient toujours. Une seconde d’hésitation de trop et elle était retenue dans la première salle de la forteresse ! Lysippée n’eut cette fois pas d’hésitation avant de se lancer vers la porte la plus proche. Elle entendait déjà les gardes se relever derrière elle et se lancer à sa poursuite. Ils n’étaient vraiment pas assez rapides pour elle. Lysippée s’élança vers les marches qui montaient en colimaçon. Elle remarqua un léger filet de sang qui coulait le long de son bras gauche. Etrange, elle n’avait pourtant pas le souvenir d’avoir été touchée. Après avoir parcouru la moitié de la citadelle (Cette forteresse semblait un véritable labyrinthe !) la jeune femme déboucha enfin sur une estrade à l’extérieur de l’enceinte. Aucun garde ne l’y avait suivi. La cité de Choquequirau qui s’étendait en contrebas offrait une vue magnifique. Un imposant lac se détachait derrière le temple du Soleil. Lysippée eut le temps d’apercevoir une brillante statue qui l’aveugla un moment avant de porter son regard sur l’homme qui se tenait accoudé sur la rambarde, le dos tourné. « Bonjour étrangère ! Heureux de voir que tu es parvenue jusqu’à moi après cette incroyable course dans Saxahuaman. Que viens-tu chercher ici ? J’ai pu me rendre compte que tu es une très puissante combattante. Pourquoi perdre ton temps ici où il n’y a rien à voir ? Le jeune homme eut un sursaut et se retourna, le visage étonné. « Il aurait suffit d’en demander la permission plutôt que de t’introduire ici comme une espionne… Je suis sûr qu’on ne t’eût pas refusé ce privilège. Lysippée gardait une attitude mi froide, mi ironique. Elle tenait son adversaire et n’allait pas le laisser s’échapper maintenant. Au loin la statue brillait encore d’avantage sous les reflets du soleil couchant. Elle illuminait toute la cité. « Je vois que l’on t’a parlé de notre visiteuse. C’est moi qui aie dû l’arrêter alors qu’elle tentait de pénétrer dans le temple du Soleil. Comme toi, elle courait plus vite qu’une ombre et aucun garde n’a pu la bloquer. J’ai dû y remédier. Mais dis-moi qu’elle est ton nom ? Lysippée ne voyait que trop ce flot de lumière qui commençait même à l’indisposer sérieusement. C’est alors qu’elle comprit. Elle jeta un coup d’œil furtif à son bras d’où perlaient toujours quelques gouttes écarlates… « Que m’as-tu fait ? » Le garçon ne se retourna pas. « Oh, heureux que tu t’en rendes compte ! Normalement nos adversaires meurent sans s’en apercevoir ! Lysippée s’était déjà mise en position d’attaque, décidée à ne pas perdre une minute de plus en discours inutiles. « Il s’agit d’une légère piqûre. Il se retourna, mais son regard ne riait ni n’était en colère. Il était d’une parfaite impassibilité, impénétrable, comme la cité. « Ça ne l’est pas non plus pour une alliée de venir attaquer Saxahuaman ! Cette nouvelle n’était pas du goût de Loque qui grimaça… « Pourquoi donc combattre ! Je n’en ai pas envie ! Et puis le poison que tu as dans les veines t’aura bientôt réduit à néant. Tu ferais mieux de m’accompagner pour soigner ça. Je possède l’antidote. Tu ne seras sinon pas capable de voir sa Majesté ! Lysippée fondit sur son adversaire plus vite encore qu’elle n’avait traversé la forteresse. Loque ne sourcilla pas le moins du monde. Il n’essaya pas de se défendre et encaissa les multiples coups que Lysippée lui portait. Sa tunique fut réduite en lambeaux et du sang commençait à couler sur tout son corps. Il ne se défendait pas et prenait les attaques de Lysippée de front. Cette dernière s’arrêta, de rage, devant un adversaire lui refusant le combat. Lysippée se pencha au dessus de lui. Il avait cherché cette punition. Pourquoi aussi ne pas s’être protégé ! La colère déformait le visage de la jeune femme. Elle était vexée. En même temps elle sentait dans ses veines le poison faire son effet. Sa vue se troublait et la statue au loin n’était plus qu’un centre lumineux brûlant qui ne lui permettait plus de distinguer les alentours. Malheureusement pour elle, Otrere n’était pas là qui pourrait la soigner. Sa camarade avait développé les arts de la guérison presque autant que ceux du combat. Elle était devenue leur guérisseuse, mais se trouvait à Thémiscyra. Lysippée pourrait-elle la contacter à cette distance ? Ses pouvoirs étaient immenses… Son aura se concentra autour d’elle. Cette fois, elle utilisait tout ce qui lui restait d’énergie pour créer un contact avec Otrere. La citadelle de Saxahuaman se mit à luire. Lysippée se sentait en pleine forme, son corps était libéré de toutes les toxines qui s’y trouvaient. À ses pieds Loque était toujours inconscient et continuait à perdre abondamment son sang. Lysippée se mit à genoux près de lui et prit sa tête sur ses cuisses. Il allait mourir si on ne faisait rien pour arrêter ses multiples hémorragies. Lysippée n’était pas aussi douée qu’Otrere, mais pour ce cas, elle savait pouvoir aider le jeune garçon. Elle regardait son visage, paisible, un homme qui attend la mort. Avait-elle déjà tenu un homme ainsi sur elle ? Certainement pas. Mais celui-là était beau dans son inconscience. Oserait-elle ? La question n’avait pas de réponse. Lysippée se pencha sur Loque et imprima un doux baiser sur ses lèvres. Tout en se faisant, son aura s’enflamma, englobant le jeune homme, s’attaquant aux plaies du garçon. Lorsque Lysippée détacha ses lèvres du jeune homme, celui-ci la regardait avec surprise. le 03/01/2007 à 20:01:10 par DyvimmMerci à l'équipe d'avoir accepté de publier ma fic! En espérant qu'elle vous plaira, j'attends vos commentaires avec impatience! le 03/01/2007 à 20:32:14 par CaammuusEh bien personnellement, c'est un debut qui m'avait bien plu. le 03/01/2007 à 20:52:07 par JohnnyPerso, à la première lecture, j'avais été un peu rebuté par l'orthographe, mais j'avais quand même trouvé une ambiance et un contexte original... Mais j'attends les chapitres suivants pour pouvoir me prononcer... le 26/01/2007 à 20:21:53 par DyvimmBonne nouvelle, Nicodémüs a accepté de relire ma fic. le 26/01/2007 à 21:36:37 par NicodémüsDe rien !! ^^' Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire ! |
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