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Dossier spécial films d'époque

« Le Devoir d'Athéna et des chevaliers du zodiaque
est de combattre le mal sous toutes ses formes ! »
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Quatrième et dernier film d'époque, produit alors que l'audience de la série TV était au plus bas, « Les Soldats de la dernière Guerre Sainte » (Le Dieu des Enfers lors de sa sortie chez nous) fut diffusé à partir du 18 mars 1989 dans les salles obscures japonaises. Après une troisième production plus proche que jamais d'un véritable long-métrage, cette ultime incrustation cinématographique de Saint Seiya renoue avec l’aspect moyen-métrage et « double-épisode TV » des deux premiers films (45 minutes introduites cette fois-ci par le second générique de début de la série animée, « Saint Shinwa ~ Soldier Dream » , tout en marquant le retour (mais aussi la dernière apparition) de la saga dans le cadre événementiel de la « Tôei Manga Matsuri ». « Les Soldats de la dernière Guerre Sainte » est donc projeté lors de l'édition printanière du festival, couplé aux films suivants : « Osomatsu-kun », « Himitsu no Akko-chan » & « Kôsoku Sentai Turboranger ». Mais le 18 mars 1989, c'est aussi le jour de la diffusion de l'épisode 112 de la série TV (« Les deux âmes ! Le mystère de la résurrection de Poséidon » , dans lequel Kanon révèle à Ikki la vérité concernant la réincarnation de l’empereur des Mers. Au même moment, le chapitre Hadès de Masami Kurumada continuait son bonhomme de chemin dans le Weekly Shônen Jump, pour une prépublication ayant débuté le 7 février de la même année, soit un peu plus d'un mois avant la sortie du moyen-métrage.




Les deux précédents films avaient bénéficié d'une mise en scène puissamment intense et onirique signée Shigeyasu Yamauchi, qui avait su parfaitement et comme à son habitude transcender le style graphique et l'animation de Shingo Araki et Michi Himeno. Mais « Les Soldats de la dernière Guerre Sainte » ne bénéficiera pas de leur savoir-faire en matière de stylisation et d'impressionnisme, le trio étant déjà occupé sur la réalisation des derniers épisodes de la série. C'est la raison pour laquelle le producteur Yoshifumi Hatano fit appel à d'autres personnes pour donner vie à ce quatrième film, personnes qui avaient non moins déjà fait leurs preuves sur les épisodes TV.




Ainsi sa réalisation fut confiée à Masayuki Akehi, que Hatano connaissait depuis la toute première série animée produite par Tôei en 1963 : « Ookami Shônen Ken » (« Ken, l'enfant loup » . Ce dernier avait déjà travaillé sur une poignée d'épisodes de la série TV, dont la majorité ont pour point commun de mettre en avant le chevalier du Phénix, l'un de ses personnages favoris. C'est à ce titre qu'il soignera son entrée en scène dans le film (une ombre furtive de l'oiseau immortel suivie d'une voix qui résonne de nulle part), et qu'il sera particulièrement fier d'une scène dont il a lui-même eu l'idée et qui aura marqué les esprits : celle où Ikki, exaspéré par la faiblesse de son frère, l'envoie sur les roses avec des paroles bien dures avant de l'abandonner à son triste sort de « boulet des films ». Officieusement synonyme de la propre irritation du metteur en scène face à cette redondance ? On remarque également que « Les Soldats de la dernière Guerre Sainte » est le seul film d'époque où Athéna n'est pas emprisonnée par une quelconque force. Il s'agit là aussi d'un souhait propre au réalisateur, qui voulait mettre en avant sa volonté de défendre le genre humain au mépris de sa propre vie, en la faisant grimper marche par marche un escalier jonché de ronces épineuses. Une lente et douloureuse ascension vers la mort, magnifiée par le talent d'un compositeur qui n'est plus à présenter et ponctuée par une séquence dans le plus pur style Saint Seiya adulé par les fans, où les chevaliers de Bronze subliment et unissent leur cosmos en un tout. Le thème classique de « l'individualité devenue unité », qu'Akehi désirait reprendre ici car faisant partie intégrante de l'esprit de la saga. Enfin, beaucoup reprochent au réalisateur le sort expéditif des chevaliers d'Or, terrassés en un clin d'oeil par les anges déchus. Facilité qu'il définira comme un « mal » bien nécessaire pour amener la séquence finale, où les douze constellations du zodiaque d'Or se rassemblent autour du soleil, dont la lumière permet à Seiya de vaincre Lucifer.




L'animation et le character-design des nouveaux personnages du film furent quant à eux assurés par Masahiro Naoi, qui n'est pas non plus un nouveau venu dans l'univers de Seiya. Lui et Akehi ont par ailleurs déjà travaillé ensemble sur « Hokuto no Ken », mais aussi sur quelques épisodes de la série TV Saint Seiya, d'où cette association. Ils se retrouveront un plus tard sur l’adaptation du célèbre manga de Takehiko Inoue, « Slam Dunk ». Petite remarque : parmi les animateurs du film figure la talentueuse Kyokô Chino, ce qui pourrait expliquer les rares plans « quasiment arakiens » parsemant les 45 minutes d'un film qui globalement s'en tire avec les honneurs niveau graphisme, sans pour autant atteindre la classe et le style dégagés par ses prédécesseurs.




Le scénario sera une nouvelle fois écrit par Yoshiyuki Suga, qui, pour ce film, a voulu apporter une touche d'originalité (plus ou moins réussie...) en introduisant une dimension biblique aux côtés de la traditionnelle mythologie grecque. Il s'est pour cela inspiré librement de « La Divine Comédie » de Dante Alighieri (tout comme Masami Kurumada pour son chapitre Hadès), et fit intervenir l'être angélique qui fut déchu par Dieu, son créateur : Lucifer, encore évoqué dans le christianisme comme étant le Diable. Pour avoir travaillé sur la série TV « Devilman » (tiré de l'œuvre de Gô Nagai), Masayuki Akehi était déjà familiarisé avec l'univers du poète italien, étant donné que les illustrations de Gustave Doré accompagnant les textes de « La Divine Comédie » furent l'une des principales sources d'inspiration de Nagai pour son homme-démon.




Une autre potentielle influence pour le film (non mentionnée par le livret de la « Movie Box », mais néanmoins intéressante à signaler ici) semble être « Le Paradis Perdu », un poème (originellement en 10 livres) écrit par l'anglais John Milton, également illustré par Doré, et narrant la croisade contre Dieu et le genre humain de... Lucifer et son armée d'anges déchus. C'est dans cet ouvrage que Milton emploiera pour la première fois le terme « Pandémonium », désignant la capitale des enfers où siègent et complotent les ennemis de Dieu. Dans « Les Soldats de la dernière Guerre Sainte », le responsable des décors Tadao Kubota matérialisera ce « Pandémonium » au travers d'une immense citadelle, le « Fukumaden », temple de Lucifer dont les marches interminables mènent jusqu'à l'imposant trône du prince du mal, bordé de têtes de serpents (l'ultime tentation d'Eve) et baignant dans des flammes bleuissantes. Derrière ce trône est érigée une gigantesque statue à l'image de Satan, au sommet de laquelle devrait avoir lieu l'ultime sacrifice sacré d'Athéna.




Seiji Yokoyama répondra quant à lui toujours présent au niveau musical (l'un des seuls avec Kubota à avoir pleinement travaillé sur les quatre films), avec de toutes nouvelles compositions cette fois-ci à très forte tonalité religieuse qui accentueront d'autant plus la dimension biblique du scénario, à grand renfort de choeurs et d'orgues d'église mixés par le biais d'un synthétiseur. Influencé par la 9e Symphonie de Dvorak (« Du nouveau monde » , le thème final du film, sur lequel résonne encore une fois la douce voix de la choriste Kazuko Kawashima, apparaît comme une véritable hymne à la lumière (d’où son titre) et à ces héros éternels, qui lutteront toujours pour préserver la paix sur Terre et ce, quelles que soient les difficultés sur leur route. C’est d'ailleurs une variante de celui-ci (« La dernière Guerre Sainte » qui accompagnera l’ultime adieu aux armures et chevaliers d’Or, après la destruction du mur des lamentations au plus profond des Enfers. Plus généralement, les thèmes composés pour ce film seront très présents tout au long de l'adaptation animée d'Hadès, sans doute parce que les sommets religieux qu'ils atteignent se marient d'une fort belle manière avec l'univers du sombre empereur des morts. Ainsi, le plus imposant est sans doute « L'avènement de Lucifer », dont les choeurs illustrent la mort de Shaka face au trio Saga - Shura - Camus, ou encore l'incarnation d'Hadès dans le corps de Shun. Mais n'oublions pas non plus « La flèche du soleil » (où l'espoir fait écho à l'émouvante tirade des chevaliers de Bronze, lors du détournement de la double Athena Exclamation, bouleversant le cœur des chevaliers d'Or et renégats), « Souvenirs impérissables » (où les choeurs poignants illustrent avec tristesse et désespoir les dernières minutes du trio Aiolia - Mû - Milo contre Rhadamanthe), « Les anges de l'apocalypse » (dont le dynamisme intense fait suite à la résurrection du trio Aiolia - Mû - Milo dans le Cocyte, déclenchant leur attaque respective sur les spectres qui traînaient par là , ainsi que « Hallucination diabolique », surréaliste et paradisiaque, s'adjoignant à l'apparition surprise (car prématurée) de Seika dans un vaste champ de fleurs. Signalons pour finir un thème plutôt discret mais véhiculant non moins une profonde espérance, à savoir la deuxième partie de la piste « La revanche de Lucifer » (correspondant au moment où Seiya revêt l'armure du Sagittaire et terrasse l'ange Belzébuth). Un espoir à nouveau palpable près de 20 ans plus tard, dans le dernier épisode animé de la saga, qui retentira comme une véritable ode de Seika à son frère et aux autres chevaliers de Bronze, luttant au même moment de toute leurs forces dans leurs armures divines contre le véritable Hadès.




Evidemment, et comme pour « La Légende de la jeunesse écarlate », impossible de ne pas faire un parallèle entre « Les Soldats de la dernière Guerre Sainte » et le chapitre Hadès du manga, lors de la séquence où les armures d'or entourent le soleil pour dégager le voile des ténèbres qui en obstruait la lumière. Masami Kurumada réutilisera quelques mois plus tard ce principe d'« écliptique solaire », pour permettre aux chevaliers d'Or de détruire le mur des lamentations, frontière séparant les Enfers des terres d'Elysion.




Dernière remarque concernant cette fois la version française du film : sorti tardivement dans l’hexagone à l’époque (en 1995), celle-ci ne reprendra pas la voix du regretté Henri Djanick (Ikki), alors retiré du monde du doublage. C'est donc Serge Bourrier qui prêtera sa voix au chevalier du Phénix, qui, pour bien marquer la différence entre les deux frères, accentue encore plus (jusqu'à exagération) le côté doux et efféminé de Shun. Le titre français, quant à lui, a été grossièrement adapté en « Le dieu des Enfers ». Ce qui est bien entendu très mal amené, même si l’on peut penser que ce 4e film a en partie été produit pour combler l’absence d’une adaptation animée d’Hadès (qui était pourtant bien prévue à l’époque, mais c’est une autre histoire). Quoi qu’il en soit, pour cette nouvelle et véritable édition DVD, le titre français a été corrigé en « Le Temple de Lucifer », non moins banal mais quand même plus juste que l’ancien.




Au final, et pour beaucoup de fans, « Les Soldats de la dernière Guerre Sainte » sera le moins bon des films d'époque, à cause d'une idée de base intéressante mais très mal exploitée, et d'une réalisation bien moins léchée que celle des précédents opus. Projeté deux semaines avant la fin (définitive ?) de la série, il est donc plus proche d'un dernier cadeau fait aux fans qui seront restés fidèles jusqu'au bout que d'une ultime tentative désespérée visant à reconquérir le cœur de ceux qui ont quitté le navire à partir de la saga Asgard. Une série s'arrête, un mythe naît !




« Chevaliers, nous avons réussi à vaincre Lucifer et ses anges destructeurs. Mais je tiens à ce que vous sachiez que ce n'est pas un miracle divin qui a permis au soleil de déchirer le voile des ténèbres, mais votre courage, et votre abnégation absolue. Et je sais que quoi que l'avenir nous réserve, et quels que soient les ennemis que nous serons amenés à combattre un jour, je peux avoir une confiance totale en vous. Mes fiers chevaliers du zodiaque ! »



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