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Cette fiche vous est proposée par : SuiSeiKen


Dossier spécial films d'époque

« Je suis le chevalier de l’espoir !
Que ma cosmo-énergie s’intensifie jusqu’à son paroxysme ! »
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« Gekijôban Saint Seiya », tel est le titre japonais original de La Légende de la pomme d'or, premier des quatre films d’époque à être produit suite à l’engouement des japonais pour le manga de Masami Kurumada et son adaptation animée. Pour anecdote, il faut savoir que ce film s’appelait juste « Saint Seiya : le film » lors de sa diffusion originelle au cinéma, et ne bénéficiait d’aucun véritable sous-titre. Ce n’est que pendant l’été 2004, lors de la sortie de la « Movie Box » japonaise, que le titre « Jashin Eris » (« La Maléfique déesse Eris » lui sera donné, sur une suggestion de Masami Kurumada lui-même. Enfin, sachant que c’était, et depuis longtemps déjà, le nom de la première piste audio du second Original Soundtrack de la série.




Ce premier film est donc sorti le 18 juillet 1987 dans les grandes salles japonaises, projeté dans le cadre de la « Tôei Manga Matsuri » estivale avec d’autres productions de la firme : « Hikari Sentai Maskman », « Chôjinki Metalder », mais surtout le deuxième film de la saga Dragon Ball (sans le Z) : « Majinjô no nemuri hime » (« La Princesse endormie du château du démon » . Ceux qui ont lu le préambule de ce dossier ne s'en étonneront pas, la durée de ce moyen-métrage n’excède pas les 45 minutes, si bien qu'on pourrait le qualifier de « double-épisode TV » sachant qu’il est de plus introduit par le fameux premier générique de début de la série, « Pegasus Fantasy ». Celle-ci justement, diffusée en parallèle sur la chaîne TV Asahi, en était à l'épisode 38 (« Confrontation ! Le chevalier d’Or », diffusé le jour même de la sortie du film) dans lequel Seiya, revêtu pour la première fois de l'armure d'or du Sagittaire, affronte Aiolia. Au même moment, Masami Kurumada couchait sur papier un autre duel épique de son manga : le face à face Ikki - Shaka dans le temple de la Vierge.




L’équipe en charge de la production du film est quasiment identique à celle officiant sur la série à l'époque de sa sortie. Au poste de réalisateur, nous retrouvons le vétéran Kôzô Morishita, superviseur général de la saga Sanctuaire puis producteur sur les sagas Asgard et Poséidon. Morishita a été impliqué dans un grand nombre d'adaptations animées de manga publiés par Shueisha et plus spécialement dans la branche Jump de l'éditeur : « Dragon Ball », « Dragon Ball Z », « Dr Slump », « Dragon Quest Dai no Daibôken » (« L’épopée de Dai », aussi connue sous le nom de Fly chez nous). Citons deux autres séries bien connues sous nos latitudes sur lesquelles il a également officié : « Cutey Honey » (Cherry Miel) et « UFO Robot Grendizer » (Goldorak). De par sa présence au générique depuis le début de la série, Morishita semblait le plus à même de réaliser ce premier film, et signe ici une mise en scène classique mais non moins efficace, utilisant de son propre aveu les dernières technologies d'époque pour dépasser les limites de la série. Le résultat s'en ressentira nettement, que ce soit au niveau des mouvements de caméra, de l'animation, des effets spéciaux ou des ombres bien plus présentes, ce qui nécessitera bien évidemment un travail plus complexe et minutieux au niveau de la photographie ou de la finalisation des scènes. Dans le livret de la « Movie Box » japonaise, Morishita ira jusqu'à déclarer que ce premier film n'a pas à rougir de la comparaison avec les « productions récentes » (de l'année 2004, date de sortie du coffret). « Amitié, dépassement de soi, triomphe », tels sont les classiques thèmes du genre shônen que le réalisateur souhaitait mettre en avant dans ce moyen-métrage. Des concepts profondément ancrés dans l'esprit Saint Seiya, qu'il retranscrira d'une fort belle manière lors de la scène où Seiya, privé de ses cinq sens, perçoit le son de la voix de ses amis l'encourageant à ne pas renoncer, sa volonté et son courage transcendés par ces paroles finissant par accomplir un miracle sous leurs yeux admiratifs, éblouis par cette intense lumière dorée entourant leur compagnon.




Le scénario, quant à lui, est écrit par Yoshiyuki Suga, un autre vétéran de l'animation japonaise connu pour avoir scénarisé de nombreuses productions animées comme « Captain Tsubasa », « Slam Dunk », « B’t X » (un autre manga de Masami Kurumada), « Rurôni Kenshin» (Kenshin le Vagabond), et bien d’autres encore. Suga est arrivé sur la série TV de Saint Seiya à partir de l’épisode 32, afin d’épauler le responsable de la structure scénaristique, Takao Koyama, dont il héritera par ailleurs du poste à partir de l’épisode 74. Notez que c'est également Suga qui sera choisi, plus de 20 ans plus tard, pour scénariser l’adaptation animée de la préquelle « The Lost Canvas », narrant la Guerre Sainte du 18e siècle contre Hadès et ses spectres. L’animation, elle, est assurée par les character-designers officiels de la série, Shingo Araki et Michi Himeno. La grande qualité de leur travail a déjà été appréciée des fans sur les épisodes 1, 16, 23 & 30 de la série TV, ainsi que sur d’autres productions animées telles que (la liste est non-exhaustive) « Cutey Honey » & « UFO Robot Grendizer » (sur lesquels ils ont donc déjà côtoyé le metteur en scène Morishita), mais aussi « Versailles no Bara » (Lady Oscar), « Hana no ko Lun Lun » (Le tour du monde de Lydie), « Ulysse 31 », « Waga seishun no Arcadia ~ Mugen-kidô SSX » (Albator 84)... et plus tard « Fûma no Kojirô » (pour citer une autre œuvre de Kurumada). Pour ce premier film, Araki et Himeno perpétueront leur esthétique si particulière, alliant dynamisme, finesse et stylisation à outrance, tout en adaptant dans leur plus pur trait les croquis originaux des chevaliers fantômes réalisés au préalable par l’auteur.




L’univers de « La Maléfique déesse Eris » reste profondément ancré dans la mythologie grecque, comme peuvent visuellement en témoigner les décors de Tadao Kubota. Le réalisateur Morishita, ainsi que les producteurs Yoshifumi Hatano et Masayoshi Kawata, se sont rencontrés prématurément lors de la mise en place du projet, afin de définir clairement les ennemis qui allaient se dresser face aux protecteurs d'Athéna : les chevaliers Fantômes. Ceux-ci s’avèrent au final strictement opposés à nos héros : ainsi Maya peut se traduire par « flèche maléfique » (à l'inverse de Seiya, « flèche étoilée » , Yan porte le bouclier de l’Ecu qu’il prétend être le plus solide (comme un certain Shiryû avec le bouclier du Dragon), Christ arbore la constellation de la Croix du Sud (tandis que Hyôga représente le Cygne, aussi appelé Croix du Nord), Orpheus dégage une certaine beauté (comme Shun) mais n’est au final qu’un être assoiffé de sang (à la différence du chevalier d’Andromède), et enfin Jaguar possède un caractère et un profond dégoût de l’amitié qui ne sont pas sans rappeler Ikki, lorsqu’il revint à moitié fou de l’Île de la Reine Morte. Ces cinq guerriers ressuscités sont au service d’Eris, déesse de la Discorde (qui a donc un goût certain pour semer la zizanie, tandis qu’Athéna, elle, est la garante de la paix sur Terre), souvent présentée comme étant la soeur jumelle d’Arès, le dieu de la Guerre. Celle-ci revient à notre époque sous l’apparence d’une pomme d’or qui, dans la mythologie, fut la source d’une grande dispute entre trois déesses : Athéna, Héra et Aphrodite.




Du côté des musiques, de nouveaux thèmes seront bien évidemment composés par le grand Seiji Yokoyama (dont les travaux qu'on pourrait qualifier de « plus connus chez nous » sont « Uchû kaizoku Captain Harlock », « Sangokushi », « Winspector »... et bien sûr « Saint Seiya », qui le popularisera définitivement dans l'hexagone) et interprétés par l'Andromeda Harmonic Orchestra. L'orientation change (plus précisément, « évolue » par rapport au début de la série, avec des compositions à la sonorité bien plus profonde et tragique, et surtout l'apparition de puissantes mélopées, aussi bouleversantes qu'envoûtantes, bercées par la divine voix de la choriste Kazuko Kawashima et véhiculant aussi bien espoir que désespoir. En fait, de nombreux thèmes de « La Maléfique déesse Eris » seront réutilisés par la suite dans les scènes les plus intenses de la série et notamment tout au long de la grande bataille du Sanctuaire. C'est le cas par exemple d'« En plein rêve », dont les notes et le chant, empreints d’une immense tristesse, porteront les sacrifices de Cassios et Shiryû, en passant par le supplice d'un Ikki impuissant et insignifiant face au divin Shaka de la Vierge qui lui ôte tour à tour ses sens. Mais aussi de l'énigmatique « La sinistre comète Repulse » (utilisé lors des allers-retours de Shiryû dans un royaume aussi sinistre que mystérieux), de la dérangeante seconde partie de « La fin du combat » (qui fait écho à une crainte enfouie, à un profond malaise, lorsque le Grand Pope est troublé par des visions fulgurantes des chevaliers de Bronze, de Saori et d'Aiolos faisant irruption soudaine dans sa chambre), ou encore du décisif « Maléfice » (qui sublime crescendo l'ultime face-à-face de Hyôga et Camus, chacun s'apprêtant à déclencher l'Exécution de l'Aurore). En voyant plus large, signalons aussi les thèmes « Chevalier à la Lyre » et « Requiem pour cordes », notes mélancoliques et grandioses jouées par Orpheus qui seront reprises l'année suivante pour mettre en musique la virtuosité du guerrier Divin Mime de Benetnasch.




Le film est un peu limité dans ses propos par la diffusion de la série, qui n’avait pas encore atteint le début de la bataille du Sanctuaire, tandis que le manga, lui, était en plein dedans. Voilà pourquoi, dans la version originale, Seiya parle de « dépasser ses cinq sens pour atteindre le plus puissant des cosmos ». Pas question ici de voler la vedette à Mû en employant pour la première fois en animation des notions telles que « septième sens » ou « ultime cosmos ».




Petite subtilité : les guerriers Fantômes (« chevaliers Fantômes », « Ghost Saints » ou encore « Ghost Five » ne doivent surtout pas être confondus avec les chevaliers des Abysses de Geist (eux aussi appelés « Ghost Saints » dans la version originale de la série). En fait, c’est du côté des kanji japonais que se trouve la différence : les guerriers Fantômes incarnent des « Bôrei Sei-tôshi » (des fantômes dont l’âme a été ressuscitée, des « revenants » en somme) tandis que les chevaliers des Abysses sont définis comme des « Yûrei Sei-tôshi » (des fantômes dans le sens « spectres », « apparitions » .




Ces guerriers Fantômes, toujours eux, sont bien présentés comme étant (à la base) des « chevaliers d'Athéna » avec des constellations bien identifiées : Flèche (« Sagitta » , Ecu (« Tateza » , Lyre (« Kotoza » , Croix du Sud (« Southern Cross » et Orion (« Orion seiza » . Quid de leur rang ? Eh bien, en laissant de côté la considération « film = univers parallèle », Flèche et Lyre sont à classer parmi les armures d'argent puisque clairement définies par Masami Kurumada dans son manga (d'ailleurs à ce sujet, vous noterez bien sûr que l'auteur réutilisera Orpheus dans le chapitre Hadès, en lui donnant le nom d'Orphée). Orion, présenté comme le plus fort et le plus brave des chevaliers ayant jamais servi Athéna, pourrait tout autant faire partie de cette même classe, bien qu'il n'en soit jamais fait clairement mention. Quant à L'Ecu et à la Croix du Sud, aucune estimation n'est possible.




En tant que première production cinématographique, « La Maléfique déesse Eris » sera le précurseur de deux redondances souvent pointées du doigt par les détracteurs des films : d'une part le « Niisan ! Yappari kite kuretan da ne ! » (« Mon frère ! Je savais que tu viendrais ! » intempestif d'un Shun qui se fait à chaque fois étaler sans battre (ni même blesser !) ses ennemis, d'autre part l'arrivée, là aussi systématique, de l'armure du Sagittaire qui permet toujours de terrasser le grand méchant à l'aide de sa flèche. Si le premier point agace même les plus grands fans des films, le second est facilement occulté par sa mise en scène théâtrale.




La version française de ce film n'est pas la plus mauvaise, bien que certains noms et signes soient modifiés pour X ou Y raisons : ainsi Eris devient Ellis (déesse de la « Guerre » , Erii est appelée Irina, la constellation de Maya est la Flèche « d'Argent » tandis qu'Orpheus devient le chevalier « du Cobra ». Christ se fait quant à lui appeler « Crap(i)us », et Jaguar « Yaga ». Comme au niveau de la série, certaines phrases ne respectent pas la version originale, tout en collant parfois d'une fort belle manière à la situation.




Au final, « La Maléfique déesse Eris » fut plutôt bien accueilli par les fans lors de sa sortie cinéma au Japon. En fait, il faut remettre les choses dans leur contexte et bien avoir à l'esprit que seuls 38 épisodes avaient été diffusés à l’époque. Plus que le scénario (qui est plutôt bancal et sans originalité, il faut l’avouer), c’est surtout la qualité technique qui a scotché le public, transcendant les limites imposées par la série. Bref, un succès certain, confirmant la popularité de Saint Seiya auprès du public japonais, et qui incitera les producteurs à renouveler l'expérience huit mois plus tard lors du climax de la bataille du Sanctuaire.




« Eris, tu as perdu cette guerre. Car quels que soient les pouvoirs des forces du mal, elles ne viendront jamais à bout des chevaliers du zodiaque, qui lutteront toujours au nom de l'amour et de l'espoir ! »



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