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Cette fiche vous est proposée par : black dragounet


L'émergence des géants

Note de lecture :
Cette Side Story n'est à lire qu'après avoir fini le chapitre 22 de la fic.

* * * * *

Aphrodite avait décidé de revenir sur son lieu de naissance. Les événements des derniers jours avaient été troublants et avaient changés beaucoup de choses. Tout devait à tout prix rester identique, mais il n’en était rien. Lui avait besoin de perspective. Il avait besoin de faire le deuil. Il ne savait pas vraiment de quoi d’ailleurs, mais il sentait, plus ou moins confusément que quelque chose était désormais parti, changeant une part de son essence profonde. Ou peut-être pas encore, il ne le savait pas vraiment.
L’enfant timoré qui avait quitté le Groenland était à présent ce jeune homme endurci par son entraînement et son esprit, autrefois bouton, avait éclos en une rose à la fragrance singulière, aura reconnaissable et imposante se dispersant aux vents. Il l'avait quitté bien jeune, mais son point de départ avait tout de même été ce pays du nord. Ce pays vert et pourtant si blanc. L'hiver lui apportait la pureté, l'été lui apportait la vie, et lui... lui avait trouvé ses propres couleurs.
Il arborait le rouge de la passion, le noir de la détermination et le blanc de la volonté. Il n'y avait plus qu'une seule couleur dont il ne savait encore que faire.
Ouvrant sa main, il fit jaillir de sa paume une rose qui prit une éclatante couleur jaune. Celle-ci avait le pouvoir de soigner les afflictions du poison de ses autres créations. C'était une rose porteuse de vie, une rose porteuse d'espoir envers l'avenir, une rose qui symbolisait l'innocence qui avait été sienne. Il ne pouvait le nier ; cette rose était le symbole de sa faiblesse et c‘était cette part de lui-même qu‘il était venu abandonner dans ce froid nordique familier. Il s‘en rendait compte, à présent, alors même qu‘il avait presque oublié jusqu‘à son existence. Il avait, de nombreuses années plus tôt, sauvé quelques vies avec cette fleur, mais était-il encore temps de protéger de la Mort ? Cela valait-il la peine d’y dépenser tant d’énergie ? Ceux qui avaient alors échappé à l’étreinte de l’Hadès grâce à lui avaient malgré tout fini par la trouver plus tard. A quoi bon protéger ceux qui ne pouvaient se protéger eux-mêmes ?
Il s’était engagé dans une voie guerrière, une voie de lutte teintée par la couleur du sang qu'il n'hésiterait pas à faire couler. Beaucoup le voyaient comme une personne douce à cause de son physique presque féminin ; tous ceux qui se rendaient compte de sa force périssaient par sa main.
Mais cette rose, cette rose jaune, cette inclinaison de son âme à s’accrocher à un idéal utopique...
Le jeune homme aux cheveux dont les reflets évoquaient à la fois le ciel et la mer releva son col et se mit à marcher le long du sentier qui s’étendait face à lui, tout en observant le paysage. Ni le vent, ni la neige ne parvenaient pour autant parvenir à chasser les pensées qui l'assaillaient.
Il avait juré fidélité à Saga. Cet homme qui, par la force, voulait sauver les hommes en dépit de leur faiblesse. Il ne pouvait qu'approuver sa détermination et admirait sa puissance. Le Gémeau avait la capacité de faire de ce monde ce qu’il désirait, un endroit de justice. La force et la violence ne constituaient qu'un moyen, alors que le but était tout ce qu'il y avait de plus louable. Il n'avait aucune hésitation quant au fait qu'il souhaitait le suivre et la loyauté qu'il ressentait envers lui était particulièrement sincère, bien que l‘homme lui-même, il venait de le découvrir, était trouble. Il avait pensé le connaître, véritablement, profondément pour découvrir qu’il n’en était rien. Mais ce n’était guère important au final. Il avait raison et cela, en soit, était suffisant pour balayer tous les autres doutes si jamais ceux-ci devaient subsister un tant soit peu.
Ne restait que la question de la rose... Ne restait que la question de savoir qui il était lui-même ou qui il voulait être.
De sourds grognements le sortirent de ses rêveries. Levant les yeux, il aperçut non loin un groupe d'ours entourer un loup solitaire. Il arrêta sa marche, observant la scène d'un air impassible et froid. Les ours, affamés, cernaient la bête qui avait visiblement perdu sa meute en cours de route.
Il n'y avait pas grand chose à en dire, cependant, si ce n’était que les choses qui devaient être faites l’étaient. Le loup devait protéger sa vie, les ours devaient se nourrir… Pourquoi donc blâmer les uns ou les autres?
Il s'apprêtait à reprendre son chemin lorsque l'un des mastodontes blancs envoya le loup non loin de lui d'un puissant coup de patte. L’animal, le flanc entaillé par les griffes massives de son adversaire, vit sa fourrure teindre progressivement la neige d’écarlate en même temps que son propre pelage. Il tenta de se remettre sur ses pattes, mais ne fit que tituber, sonné par la puissance du coup. Sa détermination, elle, ne vacillait pas. Si seulement la détermination faisait tout…
Il n'avait tout simplement pas la force de survivre.
Aphrodite secoua la tête. Ce n'était pas tant qu'il était navré pour la bête, elle ne lui inspirait que peu de sympathie. Non, tout cela confirmait son sentiment qu'il fallait des êtres puissants dans ce monde, sinon, rien ne pourrait jamais se faire, ni se construire, ni perdurer.
Excités par l’odeur du sang, les ours s'approchèrent, de plus en plus hardis, grognant sourdement, et jaugèrent le jeune homme qui les observait en retour, le sourcil levé. Le loup n'était pas vraiment à ses pieds, mais il était suffisamment proche de lui pour que les bêtes le considèrent comme un voleur de proie.
L'un deux finit par charger.
Sans qu'une seule émotion ne vienne perturber ses traits, Aphrodite esquiva, tel un torero. Il n'avait guère envie de se salir et ne voyait pas l'intérêt de tuer des animaux sauvages. Malheureusement, lesdits animaux considéraient les choses d'un tout autre œil et l’un d’eux se dressa sur ses membres postérieurs avant d’abattre sa patte sur lui. L'éphèbe n'eut qu'à lever le bras pour le bloquer sans effort, et lorsque l'ours voulut réitérer son assaut, il reçut en lieu et place un coup de pied nonchalant, mais non moins ferme, qui l'envoya rouler plusieurs mètres plus loin.
Les autres ours semblèrent hésiter, puis finirent par se retirer. Néanmoins, celui qui avait chargé récidiva. Le loup, dans un sursaut d'énergie, bondit sur lui pour être aussitôt rejeté. Dans un mouvement souple et gracieux, Aphrodite empoigna l'imposante bête pour la projeter au loin sans effort.
Le jeune homme regarda l’animal s’éloigner, penaud, puis tourna le regard sur le côté. Le loup était en train d’agoniser, le dernier coup ayant été encore plus dévastateur que le coup de griffe. Le regard impénétrable, il s’adressa au prédateur, se faisant comprendre par l’usage de son sixième sens.
« - Si tu veux vivre en ce monde, relève-toi et montre-moi ta force.
Le loup, comprenant instinctivement le message, tenta de se redresser sur ses pattes, mais ses pattes arrières ne paraissaient même plus être en état de faire le moindre effort. Aphrodite le regarda, écoutant ses petits cris de douleur. La bête lui faisait penser à Aiolos, pourchassé par ses pairs. Lui aussi était un loup solitaire à ce moment-là. La bête finit par s’effondrer dans la neige et l’homme secoua la tête.
- C’était inutile. Ton courage et ta détermination sont louables, mais il n'y a plus de place pour les faibles dans ce monde... Les puissants se rassemblent, la Terre elle-même le comprend, seule l’humanité s’obstine à rester aveugle. »
C’était bien cela. C’était inutile. Courage et détermination ne vaudraient jamais la force qui permettait de les concrétiser. Il n’était pas question de renier ses valeurs, mais de les pérenniser, par tous moyens possibles. Aïolos n’avait pas compris cela. Il s’était accroché à sa morale, envers et contre tout, inutilement, car il n’avait pas eu la force de continuer plus loin. Sa valeur, même foulée aux pieds des impératifs de la politique de Saga, et traînée dans la boue par les ignorants, ne changerait jamais, mais la vérité ne serait jamais que la perception du reste du monde et la vérité exigeait que la détermination d’Aiolos ne soit que traîtrise.
Il déposa sur le pelage souillé la rose jaune qu'il avait gardée à la main tandis que l'animal rendait son dernier soupir dans un dernier gémissement de douleur, puis il repartit en laissant derrière lui le dernier vestige de sa compassion.

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