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Cette fiche vous est proposée par : Dyvimm


Le Jugement dernier

Réflexions


 


            Suis-je devenu un Dieu ? Tout a changé tellement vite en si peu de temps, Urani est une des mes Muses, les autres m’honorent comme si j’accomplissais des miracles, alors que moi, je me sens si seul et isolé. Je n’ai pas eu le temps de m’habituer à ce que je suis devenu et déjà je dois prendre des décisions qui engagent l’avenir du monde.


Erophile est censée m’aider et me seconder, mais elle me fait peur. Toujours cachée derrière son voile, je redoute ce que je risque de découvrir si d’aventure j’osais soulever le rideau. J’ai l’impression que rien ne lui échappe et qu’elle connaît tout du présent et de l’avenir. A quel point se sert-elle de moi et des autres pour accomplir ce que ses visions lui dictent ? Même quand je m’oppose à elle, j’ai l’impression  de perdre, comme si la confrontation était voulue et nécessaire pour l’achèvement de sa volonté. Elle n’est pourtant censée être qu’une pythie, une femme inspirée par des visions que JE lui procurerais, or moi je ne sais que faire. J’ai cependant besoin d’elle. Elle connaît tout des rouages du monde et son expérience est bien plus grande que la mienne, mais ses paroles m’embrouillent.


Depuis deux heures je me suis enfermé dans ma chambre. Cette pièce est véritablement splendide et tout m’y fait honneur. Quels peintres ont pu créer ces tableaux si réels qu’on les croirait vivants ? J’ai l’impression que, si je m’y plonge trop en avant, je risque de basculer dans un autre monde où les gravures prendraient corps et les centaures se mettraient à me parler.

Nymphes et satyres, centaures et sirènes, des créatures mythologiques que je croyais sorties de l’imagination des poètes et qui dans ce monde sont à portée de la main. De nombreuses nymphes habitent ma cité. Il s’agit d’un des derniers endroits sur Terre où elles subsistent grâce à mon puissant cosmos, la clé de voûte qui soutient l’édifice, le Soleil tout puissant dont les rayons confèrent force et vitalité à ce domaine. Ces jeunes filles aux pouvoirs si étranges, capables de commander à la nature, me réconfortent. Elles sont en dehors du temps et les malheurs qui se jouent sur Terre n’ont pas prises sur elles. Pierres, cours d’eau, arbres et fleurs, tous leur sont dévoués. Elles connaissent leur langage et savent les comprendre et en faire sortir le meilleur. Elles me seront malheureusement inutiles.


Erophile n’est pas d’accord pour que nous prenions part au combat que les Chevaliers d’Athéna mènent en ce moment. Il est trop tôt, me dit-elle, il faut patienter. Je ne comprends pas pourquoi nous devons attendre. Le Sanctuaire subit les assauts de Mars et en quelques heures ses combattants ont déjà franchi trois maisons. Le Grand Pope n’est pas à même d’assurer la protection de la déesse avec si peu de Saints. Je ne doute pas de leur valeur, mais toutes les bonnes volontés du monde seraient insuffisantes à créer le miracle dont Athéna a besoin pour remporter ce défi.

Si nous avions pu lancer une offensive contre Mars, ou si nous étions intervenus au Sanctuaire, alors nous aurions eu une chance de les battre. Ce n’est pas notre rôle actuellement, voilà ce que me répond Erophile, la Pythie qui en sait d’avantage que moi mais se refuse à me dévoiler ses plans. Je suis trop jeune encore pour savoir et pour m’opposer à elle. Apollon lui a-t-il vraiment dicté ces ordres, ou agit-elle par elle-même ? Nous n’avons aucun espoir pour vaincre, le monde n’est pas prêt. Le sera-t-il un jour ?


Malgré le tout-puissant cosmos de la déesse Athéna, j’arrive parfois à entrevoir des images de la bataille qui oppose les deux Dieux. Les Hommes tombent d’un côté comme de l’autre, c’est là leur destin, mais aussi leur choix. L’engagement de Bud, un Guerrier Divin d’Asgard, auprès de la déesse Athéna a été pour le moins surprenant. Il a choisi de combattre dans la maison de celui qu’il avait attaqué par traîtrise dans un proche passé. Erophile m’a raconté leur triste histoire, celle d’un peuple voué à la rigueur et la dureté d’Asgard qui avait cru pouvoir vivre au soleil et avoir droit à leur part de bonheur. Avec Bud, le dernier Guerrier Divin vient de disparaître. Hilda a fait le choix de sacrifier son peuple pour aider Athéna. Elle n’a pas hésité à entrer dans la bataille et sans doute le paiera-t-elle chèrement, mais je l’envie et la respecte pour ce choix.


Je ne dois pourtant pas perdre espoir. L’avenir nous réserve encore des surprises, le monde est en chemin et les changements à venir sont porteurs d’ombres autant que de lumière. C’est à ces paroles énigmatiques de la Pythie que je me raccroche. Les Hommes ne sont pas complètement libres de leur destin, mais ils ont déjà montré par le passé qu’ils étaient capables de modifier en profondeur la trame des événements et de façonner un monde à leur image. C’est aux dieux maintenant d’avoir foi dans les Hommes et c’est peut-être pour cette raison qu’Athéna a laissé la direction du Sanctuaire au Grand Pope.

Je ressens son cosmos sur l’île sacrée. Sa présence est le meilleur atout des Chevaliers d’Athéna. Il symbolise le renouveau de ce monde, mais, tout comme ils ne pouvaient pas se reposer uniquement sur Athéna, les Saints devront se surpasser pour gagner ce défi. Je n’ose imaginer les conséquences qu’aurait une défaite face à Mars…


Mars, Arès, deux noms pour une même facette… J’ai demandé à la Pythie pourquoi ce dieu avait choisi son nom romain plutôt que grec. Sa réponse était surprenante et d’une grande simplicité : pour une raison de communication. Le dieu Mars jouissait d’une image beaucoup plus forte et positive qu’Arès. Le dieu de la Guerre grec a toujours été un perdant, tourné en ridicule notamment par Athéna et dont Aphrodite se jouait en profitant de son amour. Les Romains en revanche en ont fait leur divinité principale : un dieu vainqueur écrasant leurs ennemis et leur apportant gloire et victoires. Les fêtes consacrées à Mars étaient les plus grandes et ce dieu avait acquis une forte réputation à travers l’étendue de l’Empire Romain. Voilà la représentation que le dieu de nos jours souhaitait donner.

Pour moi cela ne fait pas de différence. Mars ou Arès, la même personnalité se cache derrière deux noms. Le défi lancé à Athéna n’est pas anodin. S’il remporte la victoire, il gouvernera le monde et les Hommes plieront devant lui. Je m’y opposerai.


 


Visions d’outre-tombe


 


            « C’est exact ! Je suis Masque de Mort, Chevalier d’Or du Cancer ! Croit-on vraiment que l’on peut se débarrasser d’un Chevalier d’Or aussi facilement ? Maintenant que vous savez qui je suis, passons à l’attaque ! VISIONS D’OUTRE-TOMBE !! »


Les murs se plissèrent sous la volonté du Chevalier, les râles agonisant devinrent de véritables cris d’horreurs. Taran sentait son corps s’alourdir anormalement. Toute sa perception était affectée, ses compagnons avaient disparu et il se retrouvait seul au milieu d’une vaste plaine grisâtre. Une brume épaisse l’entourait d’où il percevait des ombres errantes. Que lui arrivait-il donc ? Son Arcane était un véritable fardeau dont il n’avait qu’une envie : se débarrasser. Etait-ce une illusion ? Cela paraissait impossible, tout était trop vrai…

            Une main lui agrippa le pied. Elle venait de sortir de terre et le maintenait cloué au sol. Devant lui des cadavres tentaient de l’attraper. En vain le Kéroubim tentait d’échapper à leur étreinte, mais ils revenaient de plus bel. N’ayant plus le choix, il concentra son aura autour de lui et une lumière turquoise l’enveloppa.


            « LIQUID CURSE ! »


            Les cadavres s’envolèrent en fumée, la brume autour de lui se dissipa, mais le paysage de mort persistait. Son regard fut soudain attiré par du mouvement au loin. Il courut dans sa direction, aussi vite que possible, espérant retrouver ses compagnons. Il s’agissait d’une longue file d’êtres humains marchant tous ensemble. Ces êtres étaient des ombres, sans conscience, qui avançaient lentement. Le regard de Taran se posa alors sur un spectre qu’il reconnaissait.


            « Bokean ! Bokean, que fais-tu ici ? »


            En face de lui le Kéroubim d’Étaiel ne l’entendait pas. Il continuait à avancer au milieu des autres, la tête penchée vers le bas. Taran s’approcha davantage, ne comprenant pas le silence de son compagnon.


            « C’est inutile. Ton ami est mort. »


            Une voix profonde venait de retentir dans toute la vallée.


            « Où es-tu Masque de Mort ! Montre-toi ! Où sommes-nous ?? 

_ Nous sommes entre les deux mondes. Ces ombres se dirigent vers le Puits de la Mort d’où personne ne revient ! »


            Taran vit alors ce fameux gouffre, une crevasse vers laquelle se dirigeaient tous les morts. D’autres files se terminaient également dans ce même puits et des hurlements stridents en parvenaient.


            « Que faisons-nous ici ? Où sont les autres ? Montre-toi si tu es un Chevalier !

_ Je n’en ai nullement l’intention. Tous tes compagnons errent à leur tour dans ce monde, vous n’en sortirez jamais. La seule issue est ce gouffre et il signifie la mort !

_ Quel genre de monstre es-tu ? Je ne peux croire que tu aies pu retenir les Séphiroth et l’Empereur dans ce monde ! Tu es un Chevalier d’Or, mais ton pouvoir n’est rien comparé à celui des combattants de Mars ! »


            Une ombre se matérialisa à quelques enjambées de Taran, elle prit forme et il ne put retenir un cri d’effroi. Devant lui se tenait leur maître à tous, le vieux Diomède.


            « Taran, comment as-tu pu périr si facilement ? Gaboria t’avait pourtant tout enseigné. Je te faisais confiance et tu m’as déçu.

_ Mais Maître, je ne suis pas encore vaincu !

_ Tu n’as même pas combattu, tu nous es inutile, un fardeau tout au plus. Tu es la honte de notre clan !

_ Maître, pour rien au monde je n’abandonnerai ! Je ferais tout pour être digne de vous et de la mission qui m’a été confiée !

_ Jeune idiot ! Tu t’es déjà montré indigne de la foi que j’avais placée en toi, tu ne mérites pas cette Arcane que Mars t’a offerte ! »


            Diomède releva sa main avant de l’abattre brusquement. Aussitôt l’Arcane de Taran tomba de son corps comme un poids mort. Sa protection, l’Arcane ancestrale de Damabiah dont la fontaine était le symbole, venait de l’abandonner.


            « Maître je vous en prie, donnez-moi une autre chance ! Renvoyez-moi dans la Maison du Cancer et je lutterai de toutes mes forces contre ce Chevalier !

_ Imbécile ! Tu t’es déjà fait battre et tu ne t’en es même pas rendu compte ! Ce monde est l’antichambre de la mort, tu n’as plus rien à faire ici. Ce Chevalier d’Or est bien au-dessus de tes forces. Maintenant tu n’as plus qu’à suivre Bokean, cet autre perdant qui n’a même pas su tenir tête à un Chevalier de Bronze !

_ Maître…

_ Je ne suis plus ton maître, tu n’es rien pour moi ! Si tu ne te décides pas toi-même à prendre place vers le Puits des Enfers, c’est moi qui t’y jetterai ! »


            Taran se sentait perdu. Telle était donc la puissance d’un Chevalier d’Or, il n’avait eu qu’à prononcer le nom de sa technique pour que le Kéroubim finisse sa vie dans ce monde de désolation. Même le maître de son maître le reniait. Un profond sentiment d’abattement s’empara de lui. Il aurait voulu lutter pour Mars, ne serait-ce qu’en offrant sa vie, mais son sort était plus cruel encore : il ne servirait à rien ! Bokean au moins avait affronté un Chevalier d’Athéna et, si Taran avait senti sa cosmo-énergie disparaître, il avait emporté un adversaire avec lui.

            Diomède s’était avancé à côté de lui et tendait sa main en avant. Des gerbes d’or en sortir qui percutèrent le Kéroubim sans défense.


            « N’as-tu pas compris, Taran ? Ta place n’est pas ici, tu dois disparaître ! Va rejoindre Bokean. »


            L’attaque de Diomède l’avait projeté si loin qu’il se trouvait désormais à quelques mètres de la bouche des Enfers. Bokean continuait sa marche dans la file, il y avait encore bien du monde devant lui, mais il avançait, vaincu. Le Kéroubim jeta un coup d’œil sur le profond gouffre qui lui tendait les bras, il ne pouvait se résigner à s’y jeter de lui-même. Diomède le toisait avec ce regard plein de colère et de compassion à la fois.


            « Pauvre Taran. Tu ne peux pas sauter toi-même dans ce gouffre ? Je te comprends, la vie est si courte qu’on y prend goût. Regarde-moi, j’ai vécu plus de vies que tu n’en auras jamais et la mort ne veut toujours pas de moi. Je suis condamné à survivre, j’ai vu bien des Chevaliers comme toi se battre pour leur idéal, mais le résultat est toujours le même : morts tôt ou tard. Mourir en combattant, ce n’est pas pire que mourir de vieillesse, au moins laisse-t-on une trace ineffable derrière soi. On a l’impression d’avoir servi à quelque chose. Regarde-toi maintenant ! Tu as été incapable de la moindre aide pour tes compagnons. Nous vous avons envoyés affronter bien trop forts…

_ Mais maître, que dites-vous ? La victoire de Mars est tout ce qui importe, la Terre a besoin de lui pour survivre !

_ Crois-tu ? La Terre a toujours survécu seule. De nombreux Dieux ont essayé de la dominer, mais personne n’y est jamais parvenu. Pas même Athéna avec sa toute puissante chevalerie. Quand les Dieux comprendront-ils qu’ils n’ont pas leur place parmi les hommes !

_ Maître ! Vous nous avez toujours enseigné que Mars était le seul capable d’amener la paix sur Terre et de la défendre contre les divinités malfaisantes.

_ Imbécile ! Ne te rends-tu pas compte que tu es en train de combattre des personnes qui pensent la même chose ? Et pour quel résultat ? Les hommes s’affrontent sans répit et ce depuis des millénaires, ils meurent par centaines, inconnus des autres, leurs exploits ne servent qu’à alimenter la ferveur d’autres guerriers ! »


            Taran était prostré, jamais Diomède ne leur avait ainsi parlé. Il n’avait eu l’occasion de le voir qu’en de rares occasions et leurs échanges s’étaient contentés de formules de politesse. Cette discussion était la plus longue qu’ils aient jamais eue. Que tenait-il donc à lui enseigner sur la rive de la mort ? Taran commençait à douter que le vieux maître cherche à le renier et le faire disparaître de ce monde. C’était plutôt comme s’il cherchait à lui inculquer une dernière vérité.


            « Maître, que dois-je faire ? Je ne comprends pas ce que vous dites, Mars se tromperait-il ? Dans ce cas, pourquoi nous avoir préparés toute notre vie à le servir ? 

_ Tu es jeune et naïf. Mars … »


            La voix fut brusquement coupée. Diomède venait de s’évanouir devant ses yeux, le paysage se fit trouble lui aussi, puis disparut à son tour…

Taran rouvrit les yeux, il se trouvait à nouveau dans la Maison du Cancer. Son maître, Gaboria, le regardait droit dans les yeux. C’était lui qui lui avait permis de revenir d’entre les morts.


            « Maître, j’ai vu Diomède ! »


            Gaboria fronça les sourcils sans dire un mot, d’un air de grand scepticisme.


            « Je vous assure, c’était lui ! J’étais dans ce monde et il était prêt à me tuer, mais à ma grande surprise il m’a tenu un discours étrange sur Mars…

_ Imbécile, tu t’es laissé berner par notre ennemi ! C’est moi qui viens de te retirer du monde où il nous avait tous envoyés. Il croyait sûrement que cela suffirait pour venir à bout de nous ! »


            Suite au sermon de Gaboria, Taran se releva et fut surpris de retrouver son Arcane, intacte. La pièce était toujours aussi sombre, avec une brume masquant à peine les visages torturés des victimes de Masque de Mort. Tous ses compagnons étaient présents et sur pieds. Les plus puissants d’entre eux, les Séphiroth et l’Empereur les avaient aidés à revenir de l’entre-monde. Le regard de Taran fut capté par une vision sur un des murs, un visage familier ornait la demeure du Cancer. Il s’agissait bien d’un combattant de Mars, l’Ishim des Tropiques avait succombé au Chevalier d’Or !


 


Choquequirau, nombril du monde


 


            Diego pénétrait dans Choquequirau, sa cité, la seule dotée d’une âme suffisamment forte pour contenir sa fougue. Il l’avait fait rebâtir avec l’aide des prêtres Saliens. Elle resplendissait de sa nouvelle splendeur et serait bientôt considérée comme le centre du monde. Choquequirau était suffisamment reculée pour rester à l’abri des badauds et des touristes foisonnant à cette saison, sa hauteur lui permettait de prévenir les attaques de n’importe quel adversaire et la forêt environnante permettait de tendre des pièges à quiconque serait assez fou pour oser s’y aventurer. Mais rien de cela n’était nécessaire puisque l’aura dantesque du dieu suffisait pour en faire un lieu sacré et isolé.


            La visite de Diego aux Monts Kouen Louen lui avait beaucoup appris sur ses armées et la puissance dont il disposait, mais également sur lui-même. Les progrès qu’il avait faits dernièrement grâce à Ayar étaient considérables. Il était auparavant tout juste capable de concentrer son énergie et maintenant cela lui paraissait si simple. Son emprise sur les éléments lui permettait d’accomplir des prodiges, l’entraînement que Numa lui avait contraint de suivre portait ses fruits. Il maîtrisait son aura et pouvait la canaliser dans un coup de force brute qui lui aurait déjà permis de défaire parmi les plus grands guerriers de ses armées, mais il avait conscience qu’il lui restait encore beaucoup à apprendre avant d’arriver au niveau d’Ayar Manco.

Son Empereur possédait un calme olympien et pourtant une force hors du commun. Il était capable de sonder les esprits, de modeler la matière à sa volonté et de contrôler son aura comme aucun autre Combattant. La chance de Diego, c’était bien sûr d’être un dieu. Il avait fini par accepter son statut devant l’admiration de tant de guerriers et le niveau d’énergie que son corps était capable d’engendrer en une fraction de seconde. S’il ne parvenait pas encore totalement à atteindre la vitesse de la lumière, il s’en rapprochait de peu.

            Diego percevait maintenant les ondes qui entouraient son corps et l’accompagnaient partout, le symbole de son rang, ce à quoi les autres étaient sensibles. Sans doute le dieu en lui n’était pas totalement réveillé, mais il n’était pas particulièrement pressé d’atteindre ce niveau. Les conséquences d’une telle transformation lui étaient encore inconnues et comme tout ce que l’on ne connaît pas, il les redoutait.


            Entouré de ses deux conseillers, Diego traversait la ville. Tous ses Combattants, mais également la population de la cité composée de quelques villageois et de leur famille venus s’installer ici avec la reconstitution du site, des bâtisseurs et les nombreux accompagnateurs des prêtres Saliens, tous formaient une haie en l’honneur du retour de leur dieu. Diego se sentait adulé et cette sensation était si différente de sa vie précédente qu’elle le transportait sur des vagues d’orgueil. Il aurait voulu que les nonnes de San Pietro soient présentes et qu’elles le vénèrent autant que leur dieu. Il était devenu un homme, un adulte et non plus le gamin qu’elles avaient recueilli, sa stature n’avait plus rien de celle d’un enfant et son pouvoir… son pouvoir était incommensurable !


            Numa avait-il eu raison ou tort de provoquer ce conflit avec Athéna, l’autre déesse qui régnait sur la Terre ? De toute évidence, Ayar ne partageait pas la décision du Grand Prêtre. Le conflit qui opposait ces deux hommes était quasi permanent et Diego savait en être l’enjeu. Numa, plus vieux, plus expérimenté adorait Mars, le dieu de la guerre. Il était voué à son culte et ferait tout pour le propager. Sa principale fonction consistait à accompagner le jeune dieu dans ses premiers pas, mais Diego n’était pas dupe. Il ressentait aussi son ambition. A travers lui, le Grand Prêtre pouvait dominer le monde. C’était en toute connaissance de cause que Diego lui faisait confiance car il savait la réussite du prêtre liée à la sienne. Il faudrait tôt ou tard poser des limites à l’ambition du salien et il ne se laisserait pas influencer si facilement.

Ayar était également là pour y veiller. En tant qu’Empereur et maître de la ville de Choquequirau, il pouvait être considéré comme le Général en chef de l’ensemble des forces armées de Mars. Pourtant sa dévotion pour Diego était sans borne. Il respectait le jeune garçon, l’entraînait pour le faire devenir plus fort et lui apprenait toutes les subtilités du combat. Diego savait qu’il pouvait compter sur lui, mais également qu’il ne lui apprendrait pas le pouvoir et le commandement. Ayar n’avait sous ses ordres que des Combattants soumis qui le suivraient sans poser de question et ne connaissait pas les luttes d’influence, le besoin de se faire obéir, ni la trahison… Il était beaucoup trop respectueux de son statut pour oser imposer sa volonté au dieu. Diego devait donc apprendre le commandement de Numa, qu’il sentait bien plus versé dans ce domaine.

            Les deux hommes se complétaient à merveille pour lui enseigner à devenir un dieu, lui enseigner la sagesse et le calme du Combattant face à l’obstination, la ruse et l’ambition du commandant. Ayar limitait de facto le pouvoir de Numa et ce dernier tenait face de même à l’Empereur. Diego était entre les deux et saurait en tirer parti puisqu’il n’était pas disposer à se laisser berner ni par l’un ni par l’autre.


            Ce défi lancé à Athéna ressemblait fortement à une déclaration de guerre et les conséquences en seraient les mêmes. Athéna devrait s’effacer pour laisser libre champ à Mars.

Diego avait pu se rendre aux Monts Kouen Louen où Diomède, un Guide, gérait une partie de ses armées. Ce vieillard avait quelque chose de fascinant et sa rencontre lui avait beaucoup apporté. Il n’avait ni la fougue ni l’intransigeance de Numa et pourtant savait se faire obéir tout pareil et personne, pas même Numa ou Ayar, n’aurait osé le contester en face. Numa avait eu beau le traiter de vieil imbécile lors de leur retour, Diego avait vu l’influence du Guide sur son Conseiller.

Diomède n’était pas partisan de ce défi contre Athéna, tout comme Ayar, mais il avait reconnu que la Terre avait besoin d’un nouveau guide et que la déesse ne pouvait plus tenir ce rôle. Son disciple, Sanosuke, Empereur de l’Équilibre était également quelqu’un de très respectueux. Diego avait été surpris de trouver une telle maturité chez un homme si jeune. L’enseignement de son maître était manifeste. Il aurait aimé que Sanosuke et Ayar partagent davantage car ces deux Empereurs étaient exceptionnels. En l’envoyant lui et son armée combattre Athéna, Diego ne doutait pas un seul instant de sa victoire rapide. Il n’avait pas encore eu l’occasion de rencontrer son autre Empereur, qui était une femme, et dont il avait reçu des messagères, mais il ne doutait pas qu’elle possédât les mêmes qualités que ces deux-là.


Lorsque Diego avait réveillé les Arcanes sacrées dans l’enceinte du camp d’entraînement, il avait senti une telle puissance monter en lui, un tel afflux d’énergie…

Les Arcanes étaient apparues et s’étaient réparties parmi les meilleurs Combattants avec une promptitude qui démarquait le niveau d’entraînement de ces hommes. Il avait ensuite eu l’occasion d’échanger quelques mots avec les plus forts d’entre eux : l’Empereur de l’Équilibre bien sûr, mais également les Séphiroth dont les capacités étaient tout aussi exceptionnelles. Mintaka, Gaboria et Raphaël étaient les trois Séphiroth de cette armée et ils possédaient une parfaite maîtrise de leur aura. La seule chose qui pourrait leur être reprochée était leur inexpérience face à une situation de conflit. Cela changerait après la bataille du Sanctuaire.

Diomède, dont les connaissances étaient extraordinaires, leur avait retracé les différentes batailles d’Athéna : la traîtrise du Grand Pope, la bataille d’Asgard, puis celle contre Poséidon et Hadès. A chaque fois Athéna était sortie victorieuse et Diego avait demandé pourquoi. La réponse de Diomède l’avait surpris et intrigué : la foi dans leur cause, l’amour de l’humanité qui avait permis à ses Chevaliers de se surpasser et d’accomplir des miracles. Tous ses adversaires voulaient anéantir les Hommes actuels pour créer une nouvelle ère, gouverner une Terre correspondant à leur idéal, mais ils avaient tous oubliés que leurs combattants étaient eux–mêmes des Hommes. Ils n’avaient pas su être proches de l’humanité.

Numa avait qualifié ces paroles de radotages de vieillard, mais Diego y avait décelé un soupçon de vérité. Lui ne commettrait pas la même erreur. Il se sentait homme avant tout, même si les pouvoirs du dieu l’émerveillaient. Il n’en voulait pas à la Terre entière et ne désirait absolument pas l’anéantissement de la planète. Il voulait devenir un guide pour les autres, pour ceux qui avaient perdu la foi et se mourraient en l’absence d’espoir. La cause défendue par Athéna jusque là ne lui paraissait pas stupide, seulement inadéquate. Les Hommes ne sont pas capables de se diriger seuls, les atrocités commises au cours des siècles derniers en témoignaient. Il n’y avait jamais eu tant de morts par orgueil et la quête de pouvoir des Hommes. En se proposant en référence pour l’humanité, il leur offrirait un repère et serait comme un phare à l’horizon. Les Hommes n’auront plus à vivre sans foi, dans le doute et la peur du lendemain car ils sauraient que quelqu’un veille sur eux.

C’était le discours qu’il avait tenu à ses Combattants, la raison pour laquelle ils devaient se battre contre l’idéal révolu d’Athéna. Diego espérait qu’ils l’avaient tous compris et qu’ils ne se laisseraient pas abuser par les Chevaliers d’Athéna.

Diomède lui avait également décrit la situation actuelle du Sanctuaire. Épuisé était le terme qui convenait. Beaucoup de Chevaliers étaient morts lors des différents conflits mais ceux qui restaient étaient parmi les plus forts. Les puissants Chevaliers d’Or avaient tous disparu, en revanche quelqu’un était arrivé et avait repris la tête du Sanctuaire. Diomède ne savait pas qui était le nouveau Grand Pope, mais il avait pu ressentir son extraordinaire cosmo-énergie à des milliers de kilomètres de distance. Le Grand Pope n’était pas un homme comme les autres. Diomède en faisait au moins son égal, peut-être même s’agissait-il d’un dieu ! Ses paroles avaient fortement frappé Diego, mais sa décision était prise et il était hors de question de revenir en arrière. S’il ne parvenait pas à renverser Athéna maintenant alors il n’y arriverait jamais. Sur les recommandations de Numa, il avait choisi Diomède et l’armée de l’Équilibre pour accomplir cette mission.


Le combat avait maintenant commencé depuis plusieurs heures et Diego mourrait d’impatience de connaître l’avancée de ses hommes. A son arrivée au temple de Curicancho, il s’isola dans ses appartements. Diomède l’avait impressionné en lui confiant qu’il avait capté l’aura du Grand Pope du Sanctuaire à cette distance. Diego devait également pouvoir y parvenir, il était un dieu et ses hommes combattaient là-bas. Si cela n’avait tenu qu’à lui, il les aurait accompagnés jusqu’à la victoire, mais Numa s’y était farouchement opposé et avait délégué deux prêtres pour suivre le déroulement des combats et leur transmettre des informations. Pour l’instant, ces deux prêtres restaient muets…


 


 


L’illusion du Cancer


 


            Quelle attaque surprenante ! Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait que je me retrouvais déjà dans l’entre deux mondes… Mais il en faut bien plus pour arrêter un Empereur de Mars ! Ça n’aura pas été non plus d’une grande utilité contre les Séphiroth, mais nous avons tout de même perdu l’Ishim des Tropiques. Je ne crois pas que Masque de Mort pensait réellement nous éliminer avec cette attaque, certes puissante, mais loin de tenir la corde. En attendant, le temps tourne et si nous avons la mauvaise surprise de nous retrouver face à face avec d’autres Chevaliers d’Or, alors la partie risque de tourner court !           


            Ainsi pensait Sanosuke, les yeux dans le vague alors que Gaboria aidait Taran à revenir dans le monde des vivants et le sauvait d’une mort quasi certaine. Raphaël, quant à lui, scrutait la demeure qui semblait à nouveau vide de son propriétaire. Seuls les cris perçants des faces hagardes le tourmentaient quelque peu. Taran aperçut autour de ce Séphire une faible aura. Raphaël cherchait plus loin que cette grande salle…

            Le rire maléfique retentit à nouveau.


            « Vous revoilà ! Pas très rapides je dois dire !

_ Je ne sais pas ce que tu nous as fait, mais ça ne marchera pas deux fois ! Montre-toi et bats-toi comme un Chevalier !

_ Pauvre petit, tu espères donc toujours te mesurer à moi ? Eh bien soit !... »


            Raphaël fut ébloui par la rapidité du coup qui venait d’être porté. Il s’agissait bien là de la puissance d’un Chevalier d’Or. Au sol, Taran gisait, inconscient… mais toujours vivant. Le rayon qui l’avait frappé au niveau du front était impeccable, droit et puissant. Mais Masque de Mort ne s’en tirerait pas à si bon compte, Raphaël était immédiatement intervenu. Le plus dur avait été de repérer le Chevalier, mais pour un Séphire, détecter un cosmos, aussi bien caché soit-il, n’est pas hors de portée.

Raphaël l’avait repéré lorsqu’il était passé à l’attaque. Aussitôt, il avait fondu sur lui à la vitesse de la lumière. Seul Sanosuke avait eu le temps de voir son Séphire passer à l’action. Maintenant, Taran se tortillait au sol et Masque de Mort avait perdu son masque et quelques gouttes de sang.


            « Raphaël, puisque tu es intervenu, nous te laissons ce chevalier. Nous poursuivons notre montée. »


            Raphaël acquiesça mentalement à son supérieur qui avait déjà quitté la salle accompagné de Gaboria, de deux Keroubims et d’un Malachim. Ils avaient profité de l’attaque de Raphaël pour traverser rapidement la Maison du Cancer.

Le masque d’or était à terre, mais son propriétaire avait immédiatement disparu…

           

            « Alors Chevalier, toujours à fuir ? Puisque nous allons nous affronter, aies au moins l’obligeance de te montrer ! »


            Une aura très puissante se dégagea et Masque de Mort reparut sans son casque.


            « Tu es très fort, j’ai eu tort de ne compter que sur ma discrétion. En garde guerrier de Mars ! »


            Le Chevalier d’Or se précipita vers lui. Les coups étaient tous lancés à la vitesse de la lumière, quasiment imparables, mais Raphaël faisait preuve d’au moins autant d’habileté à les éviter. La rapidité des mouvements était extraordinaire, aucun ne parvenait à prendre l’avantage sur l’autre et leur endurance était telle que la situation aurait pu donner une nouvelle lutte de 1000 jours…

            Pourtant dans cet équilibre, Raphaël n’était pas aussi à l’aise que son adversaire. Essayait-il de le retarder le plus possible ? Et puis cette atmosphère, si lourde et si pesante…


            « Tu es rapide, mais pas plus que moi !

_ C’est ce que nous verrons. Tu es trop jeune !

_ Crois-tu ? ANGELIC PAIN ! »


            Une déflagration propulsa les deux hommes de chaque côté de la salle. Mais Masque de Mort était aussitôt sur pieds et Raphaël préparait une autre attaque. Les bras croisés devant lui, le garçon n’avait plus l’air si jeune : ses cheveux volaient librement, tout justes retenus par son casque effilé, alors que ses pupilles irradiaient une lumière blanche aveuglante.


            « HOLY CROSS !

_ VAGUE DE MORT ! »


            L’énergie dégagée était stupéfiante. La salle fut parcourue par un courant si intense que toute la brume se dissipa. Masque de Mort essayait de contenir cette puissance par sa propre attaque, le doigt pointé vers le plafond. Des cercles concentriques absorbaient une bonne partie de la croix bénite de Raphaël, mais le Chevalier peinait incontestablement. Cette porte créée vers l’autre monde n’était pas assez puissante.


            « CRUCIFIXION ! »


           Masque de Mort ne put faire face à cette nouvelle technique qui submergea la précédente et le projeta au mur, les bras écartés. Son corps ne lui répondait plus, il était écartelé et ne parvenait pas sortir de cette position. Un rictus de douleur se forma sur son visage.


            « Chevalier, tu es très fort, mais tu ne pourras pas résister longtemps à cette attaque, une des plus puissantes des Séphiroth de Tiphéreth. Meurs ! »


            Le Séphire s’élança de toute sa puissance contre Masque de Mort. Il allait l’atteindre quand son champ de vision se brouilla. Une aveuglante lumière dégageant une prodigieuse énergie le contra. Pourtant à cette vitesse, le Séphire était sûr de transpercer le Chevalier d’Or de son bras droit…

            Raphaël ne percuta aucun corps, ni aucun mur. Avait-il été happé dans l’entre deux mondes ? Sa vue revint peu à peu et ce qu’il découvrit était impressionnant. La Maison du Cancer avait tout bonnement disparu. Ses pieds étaient enchâssés dans des gravas, les restes d’un temple en ruines. Des bases de colonnades surgissaient ça et là, et des pans entiers de murs gisaient au sol.


            « Où suis-je ? Où m’as-tu transporté, Chevalier du Cancer ? Où es-tu ? »


            Personne ne lui répondit. Raphaël se retourna vers le bas de la montagne. L’horloge des douze feux brûlait, trois déjà s’étaient éteints… Il s’avança jusqu’aux premières marches. Comment était-ce possible ? C’était pourtant bien la maison des Gémeaux qu’il voyait en contrebas.  Ce tas de ruines ne pouvait donc qu’être la maison du Cancer.


            « Tout à fait Guerrier, cette maison est bien celle du Cancer ! Celle-là même où nous avons combattu il y a quelques instants. »


            Raphaël fit volte face. Comment cet homme pouvait-il être ici ? Il n’appartenait pas à la Chevalerie d’Athéna. Du moins, pas à ce que Raphaël le sache.


            « Que fais-tu là ! Où est le Chevalier d’Or du Cancer ?

_ Beaucoup de questions, mais tu auras le temps d’y réfléchir dans l’autre monde ! »


            Son adversaire avait concentré entre ses paumes une boule d’énergie luisante, prête à bondir.


            « Raphaël, tu m’as obligé à intervenir dans ce combat. Tu seras donc le premier à mourir de mes propres mains. TRAGEDIE DES AMES !! »


            Raphaël n’eut pas le temps de tenter la moindre parade si ce n’est lever ses mains pour se protéger le visage… Hélas cette maigre protection était ridicule face au déchaînement de puissance. En une fraction de seconde, le Séphire sentit son corps s’enflammer. Une douleur atroce l’envahit, que son Arcane était incapable d’endiguer, l’Arcane légendaire du Séphire, une des plus puissantes de ce monde ! Raphaël comprit qu’il ne pourrait pas survivre longtemps à cette souffrance. Comment lui un Séphire pouvait-il perdre si vite ?... Ce fut là sa dernière pensée…


            L’homme qui lui faisait face laissa une larme s’écouler le long de sa joue. Le corps inerte de Raphaël retomba au milieu des débris, son Arcane retentissant contre les pierres. Il n’avait éprouvé aucune joie à assister à la mort du Séphire.

Se retournant, il scruta le palais du Grand Pope qui, au sommet, dominait le sanctuaire. Les yeux dans le vague, il repensait à ce Combattant qui l’avait obligé à se découvrir, lui qui excellait dans les mises en scène dramatiques… Raphaël saurait-il apitoyer les Dieux et faire valoir sa cause dans l’autre monde ? Il n’en savait rien, mais tout était possible pour quelqu’un qui avait la foi.

Il entendait les battements de cœur de son adversaire gisant au sol. Non son enveloppe charnelle n’était pas tout à fait morte, il respirait encore, tenu en vie par les derniers sursauts de résistance. Il n’avait pas attaqué son corps mais son esprit, et c’était bien lui qui était mort.


            Il fut interrompu dans ses pensées. Alors qu’il pensait en avoir fini avec son combat, une main s’éleva des gravas éparses… puis deux… Taran fit son retour !


            « Toi ? Tu n’en as donc pas eu assez ? C’est vrai que j’aurais dû m’y attendre. Raphaël a bien failli m’avoir, j’ai dû tout abandonner…

_ Je ne sais pas ce que tu racontes… Mais tu viens de tuer Raphaël et ça, je peux te promettre que tu vas me le payer !

_ Voyons, arrête de délirer. Tu as vu ton état ? Tu tiens à peine debout. Je vois que tu as une volonté de fer, aussi  ai-je décidé de t’épargner. Tu peux repartir d’où tu viens avec l’honneur de m’avoir affronté et d’en être sorti indemne.

_ En garde Chevalier ! Tu vas connaître ma plus puissante attaque. LIQUID CURSE !! »


            Enveloppé de son cosmos turquoise, Taran déchaîna toute sa rage contre son ennemi, mais celui-ci paraissait insensible à cette force colossale.


            « Tu es trop lent pour espérer m’atteindre. Jamais tu ne pourras me vaincre. Sois heureux que ton périple s’arrête ici car ceux qui se lèveront devant vous dans la suite de cette ascension n’auront certainement pas la même faiblesse que moi. VISION D’OUTRE-TOMBE !! »


            De son doigt sortit un fin rayon lumineux qui percuta le front de Taran. Un cri aigu se réverbéra dans toute la vallée. Taran tomba à genou, les yeux révulsés, alors que son esprit s’envolait à nouveau pour l’entre-deux mondes.

Du sang ruissela de la main de l’homme et s’écoula à terre en gouttes régulières…


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